‹ Œuvres Choisies de VChapitre 62 sur 109 · CHAPITRE XXil. ISS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXil. ISS

perflu à donner, il n existait ni parasite sous le noih de prêtre, ni tribut sous le nom de victime, ni empire sous le nom d'autel ; le dogme et la morale confondus n étaient que la conservation de soi-même ; et la religion, idée arbitraire, sans influence sur les rapports des hommes entre eux, n'était qu'un vain hommage rendu aux puissances visibles de la nature.

« Telle fut l'origine nécessaire et première de toute idée de la divinité. » ^

Et l'orateur s'aàressant aux nations sauvages : « Nous vous le démandons, hommes qui n'avez pas reçu d'idées étrangères et, factices ; dites-nous si jamais vous vous en êtes formé d'autres? Et vous, docteurs, nous vous en attestons ; dites-nous si tel n'est pas le témoignage unanime de tous les anciens monuments?

8 n. SeG<md système. Coite des astres, 'ou sabéisme.

« Mais ces mêmes monuments nous offrent ensuite un Système plus méthodique et plus compliqué, celui du culte de tous les astres, adorés tantôt sous leur forme propre, tantôt sous des emblèmes et des symboles figurés; et ce culte ixit encore l'effet des connaissances de l'homme en physique, et dériva immédiatement des causes premières de l'état social, c'est-àdire des besoins et des arts de premier degré qui entrèrent comme éléments dans la formation de la société..

« En effet, alors que les hommes commencèrent de se réunir en société, ce fut pour eux une nécessité d'étendre leurs moyens de subsistance, et par conséquent de s'adonner à l'agriculture : or, l'agriculture.

pour être exercée, exigea Fobservatioa et la oomiais- MAoe de» cieus^, II fallut connaître le retour périodique das mêmes opérations de la nature, des mêmes phénomèaes de la voûte des cieux ; en un mot, il fallut régler la durée, la succession des saisons et des mois de l'année. Ce fut donc un besoia de connaître d abord la marche du soleil y qui, dans sa révolution zodiacale ^ se montrait le premier et suprême agent de toute création ; puis de la lune, qui, par ses phases et ses rétours, réglait et distribuait le temps; enfin des étoile et même des planètes, qui, par leurs apparitions et disparitions sur l'horizon et l'hémisphère nocturnes, formaient de moindres divisions ; enfin il fallut dresser un système entier d'astronomie, un ta-^ lendrier; et de ce travail résulta bientôt et spontanément une manière nouvelle d'envisager les puisscinces dominatrices et gouvernanies. Ayant observé que les produclions terrestres étaient dans des rapports réguliers et constants avec les Mres eélesîes ; que la naissance^ ï accroissement y le dépérissement de chaque plante étaient liés à Vapparitiony à Yexallation^ au déclin d'un même Qstre, d'un même grovipe d'étoiles ; qu'en un mot la langueur ou l'activité de la végétation semblaient dépendre d'influences célestes, les hommes en conclurent une idée d'action^ de puissance de ces êtres célestes, supé^ rieuri^ sur les corps terrestres ; et les autres dispensateurs d'abondance ou de disette, devinrent des puis- $ancesy des génies^ des dieux auteurs des biens ^xd^ maux.

« Or, comme l'état social avait déjà introduit une hiérarchie méthodique de rangs, d'emploi*, de conditions, les hommes, continuant de raisonner par comparaison, transportèrent leurs nouvelles notions daas leur théologie ; et il en résulta un système compliqué

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àofH^iniU* gr^dmlUt^ daas lequel le tô/ai7, Hbu premw'i fut un ^hef militaire, un roi politique ; la Inné, une reim sa compdgne ; les planitesy des serviteurs» des porteurs d'ordre, des messagers ; et la multitude des étoiles un peuple^ une armée de héros, de génies chargés de réjfir le mo»de sous les ordres de leurs officiers ; et chaqut individu eut des noms, des fonctions, des attributs ti» rés de ses rapports et de ses influences, enfin même un isexe tiré du genre de son appellation.

« Et comme l'état social avait introduit des usages et des pratiques composés, le culte, marchant defront, en prit de semblables : les cérémonies, d'abord sim-^' pies et privées, devinrent publiques et solennelles; les offrandes furent plus riches et plus nombreuses, les rites plus méthod iques ; on établit des lieux d'assemblée, et Ton eut des chapelles, des temples ; on institua des officiers pour administrer, et l'on eut des pontifes, des prêtres ; on convint de formules, d'époques, et la religion devint un acte civil, un lien politique. Mais dans ce développement, elle n altéra point ses premiers principes, l'idée de Dieu fut toujours l'idée d!êires physiques a;pssant en bien ou en ma/, c'est-à-dire imprimant des sensations de peine ou de plaisir ; le dogme fut la connaissance de leurs lois on manière d'agir; la t;i?r/M et le péché y l'observation ou l'infraction de ces lois ; et la morale ^ dans sa simplicité native, fut une pra^i^ae judicieuse de tout ce qui eo«tri(^ue à la conservation de l'existence, au bien-- être ds soi' et de ses semblables.

a Si l'on nous demande à quelle époque naquit ce système^ nous répondrons, sur l'autorité des monumexits de l'astronomie elle*méme, que ses prineipes paraissent remonter. avec certitude ai^-delà de quinze mille ans : et 'si l'on demande à quel peuple il doit

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être attribué, nous répondrons que ces iilémes monuments, appuyés de loraiditions unanimes, Fattribuent aux premières peuplades de Y Egypte : et lorsque le raisonnement trouve réunies dans cette ccmtrée toutes les circonstances physiques qui ont pu le suscita: ; lorsqu'on y rencontre à la fois une zone du de), voi* «ine du tropique, également purgée des pluies de Téquateur et des brumes du nord; lorsqu'il y trouve le point central de la sphère antique, un climat salubre, un fleuve immense et cependant docile, une terre fertile sans art, sans fatigue, inondée sans exhalaisons morbifiques, placée entre deux mers qui touchent aux contrée les plus riches, il conçoit que l'habitant du Nilj agricole parla nature de son sol, géomètre par le besoin annuel de mesurer ses possessions, commet^ çafU par la facilité de ses communications, astronome enfin par l'état de son ciel, sans cesse ouyert à l'observaticm, dut le premier passer de la condition sau^ vage à Fétat social, et par, conséquent arriver aux connaissances physiques et morales qui sont propres à l'homme civilisé.

« Ce fut donc sur les bords supérieurs du JNil, et chez un peuple de race noire, que s'organisa le système compliqué du ciiUe^ des astres^ considérés dans leurs rapports avec les productions de la terre et les travaux de l'agriculture ; et ce premier cuhe, caractérisé par leur adoration sous leurs formes ou leurs aUribûts naturels^ fut une marche simple de l'esprit humain : mais bientôt la multiplicité des objets, de leurs rapports, de leurs actions réciproques, ayant compliqué les idées et les signes qui les représentaient, il survint une confusion aussi bizarre dans sa cause que pernicieuse dans ses effets.

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