DU TEMPS OU VÉCUT HOMÈRE
L'âge d'Homère nous est indiqué par les remarques suivantes, tirées de ses poèmes : — 1. Aux funérailles de Patrocle, Achille donne tous les jeux que la Grèce civilisée célébrait à Olympie. — 2. Uart de fondre des bas-reliefs et de graver les métaux était déjà inventé, comme le prouve, entre autres exemples, le bouclier d'Achille. La peinture n'était pas encore trouvée, ce qui s'explique naturellement : Vart du fondeur abstrait les superficies, mais il en conserve une partie par le relief; Vart du graveur ou ciseleur en fait autant dans un sens opposé ; mais la peinture abstrait les superficies d'une manière absolue ; c'est, dans les arts du dessin, le dernier effort de l'invention. Aussi, ni Homère ni Moïse ne font mention d'aucune peinture : preuve de leur antiquité ! — 3. Les délicieux jardins d'AlcinoUs, la magnificence de son palais^ la somptuosité de sa table, prouvent que les Grecs admiraient déjà le luxe et le faste. — 4. Les Phéniciens portaient déjà sur les côtes de la Grèce V ivoire, la pourpre et cet
encens d'Arabie dont la grotte de Vénus exhale le parfum ; en outre , du lin ou byssus le plus fin , de riches vêtements. Parmi les présents offerts à Pénélope par ses amants, nous remarquons un voile ou manteau dont l'ingénieux travail ferait honneur au luxe recherché des temps modernes ^ — 5. Le char sur lequel Priam va trouver Achille est de bois de cèdre; l'antre de Galypso en exhale l'agréable odeur. Cette délicatesse de bon goût fut ignorée des Romains aux époques où les Néron et les Héliogabale aimaient à anéantir les choses les plus précieuses, comme par une sorte de fureur. — 6. Description des bains voluptueux de Gircé. — 7. Les jeunes esclaves des amants de Pénélope, avec leur beauté, leurs grâces et leurs blondes chevelures, nous sont représentés tels que les recherche la délicatesse moderne. — 8. Les hommes soignent leur chevelure comme les femmes ; Hector et Diomède en font un reproche à Paris. — 9. Homère nous montre toujours ses héros se nourrissant de chair rôtie, nourriture la plus simple de toutes, celle qui demande le moins d'apprêt, puisqu'il suffît de braises pour la préparer ^ Les viandes bouillies ne durent venir qu'ensuite, car elles exigent, outre le feu, de l'eau, un chaudron et un trépied; Virgile nourrit ses héros de viandes bouilhes, et leur en fait aussi rôtir avec des broches.