‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 1 sur 535 · DUBOIS, OLIVIER · texte numérisé non relu

DUBOIS, OLIVIER

OLIVIER

Personne dans le salon, personne dans les antichambres, qui d'ordinaire sont encombrés de parasites et de solliciteurs ! Est-ce qu'il serait arrivé quelque malheur cà mon ami Dorbeval .^ Non , non ; voilà un valet, l'hôtel est encore habité. ( A Dubois. ) Monsieur Dorbeval .=•

DUBOIS , à moitié endormi , et sans le regarder.

II est sorti, monsieur.

OLIVIKR.

Sorti à neuf heures du matin ! à qui croyez-vous parler ? Apprenez que je suis un ami, un camarade de collège qui le visite rarement ; mais quand je viens , je vous prie de vous arranger pour qu'il y soit.

SCttIBE.— T. V. *

DUBOIS

C'est différent, monsieur; il y est.

OLIVIER

A la bonne heure.

DUBOIS

Je demande pardon à monsieur ; il y a tant de gens de la Bourse qui viennent tous les matins demander les ordres de monsieur. ^

OLIVIER

Vraiment; il y a du plaisir à être un des premiers banquiers de Paris : c'est un bel état.

DUBOIS

Oui, monsieur, pour les domestiques ; aussi j'ai refusé deux ministères et une place de suisse au faubourg Saint-Germain. Je vais voir si monsieur est levé.

OLIVIER

A l'heure qu'il est !

DUBOIS

Vous ne savez donc pas que la nuit a duré jusqu'à ce matin. Nous avions hier un bal, une fêle , et un monde ! ce qu'il y a de mieux en France : des Anglais, des Russes, des Autrichiens; tous ambassadeurs. Je vais réveiller monsieur.

OLIVIER

Eh non ; s'il en est ainsi, garde-t'en bien : il y aurait conscience; viens seulement m'averlir quand il fera jour chez lui , j'attendrai.

DUBOIS

Monsieur va peut-être s'ennuyer.

OLIVIER

Ça me regarde.

DUBOIS

Comme monsieur voudra.

(Il sort.)

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