‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 153 sur 535 · JEAN, RATON, MARTHE · texte numérisé non relu

JEAN, RATON, MARTHE

RATON, à Marthe et à Jean, qui entrent par la petite porte à gauche.

Eh bien!

JEAN , tristement.

Cela va mal... tout est tranquille !

MARTHE

Les rues sont désertes , les boutiques sont fermées , les ouvriers que nous avons envoyés ont eu beau crier : Vive Burkenstaff! personne n'a répondu !...

Personne!... c'est inconcevable!... des gens qui m'adoraient hier!... qui me portaient en triomphe;... et aujourd'hui ils restent chez eux !

JEAN

Et le moyen de sortir .' Il y a des soldats dans toutes les rues.

RATON

Vraiment !

JEAN

Les portes de nos ateliers sont gardées par des piquets de cavalerie.

RATON

Ah, mon Dieu !

MARTHE

Et ceux des ouvriers qui ont voulu se montrer ont été arrêtés à l'instant même.

RATON , effraye.

Voilà qui est bien différent. Écoutez donc, mes enfants , je ne savais pas cela. Je dirai à la reine-mère : Madame, j'en suis bien fâché ; mais à l'impossible nul n'est tenu , et je crois que ce que nous avons de mieux à faire est de retourner chacun chez nous.

MARTHE

Ce n'est plus possible , notre maison est envahie ; des Irabans de la garde y sont casernes ; ils mettent tout au pillage ; et si vous y paraissiez maintenant, il y a ordre de vous saisir , et peut-être pire encore.

RATON

Mais ça n'a pas de nom! c'est épouvantable! c'est d'un arbitraire I Et où nous cacher maintenant ?

Nous cacher! quand mon fils est en danger , quand on dit qu'il vient d'être condamné!

RATON

Est-il possible !

MARTHE

C'est vous qui l'avez voulu j et maintenant que nous y som-

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