‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 176 sur 535 · ACTE V, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE X

Oui, noire mailre. ( Criant. ) Vive Buikenstaff !

RATON, avec satisfaction.

C'est bien, mes amis ; raais du silence. ( Lisant.) « Nous, Chris- « tian VII, roi de Danemark, à nos fidèles sujets et habitants de « Copenhague. Après avoir puni la trahison, il nous reste à rén compenser la fidélité dans la personne du comte Bertrand de « Rantzau, que, sous la régence de notre mère, la reine Marie-Ju- « lie, nous nommons notre premier ministre...

KANTZ\U, d'un air modeste.

Moi, qui ai demandé ma retraite, et qui veux me retirer des affaires...

HATON, sévèrement.

Vous ne le pouvez pas, monsieur le comte; le roi l'ordonne, il faut obéir... Laissez-moi achever , de grâce! ( Continuant à lire. ) « Dans la personne du comte de Rantzau, que nous nommons pre- « raier ministre, ( avec emphase ) et dans celle de Raton de Burkens- « taff, négociant de Copenhague, que nous nommons dans notre « maison royale, (baissant la voix) premier marchand de soieries de « la couronne. »

TOUS

Vive le roi !

JKAN.

C'est superbe ! nous aurons les armes royales sur notre boutique.

RATON, faisant la grimace.

La belle avance ! et au prix que ça me coûte !

JEAN

Et moi, la petite place que vous m'aviez promise....'

RATON

Laisse-moi tranquille!

JEAN, à ses compagnons.

Quelle ingratitude ! . . . moi qui suis cause de tout ! . . . aussi il me le payera !

RANTZAU

Puisque le roi l'exige, il faut bien s'y soumettre, messieurs, et se charger d'un fardeau qu'allégera, je l'espère, (aux magistrats) l'affection de mes concitoyens. (A Éric. ) Pour vous, mon jeune officier, qui dans cette occasion avez couru les plus grands risques,... on vous doit quelque récompense.

ÉRTC, avec frandiise.

Aucune ; car je puis le dire maintenant à vous, à vous seul... ( A demi-voix. ) Je n'ai jamais conspiré !

RANTZAU, lui imposant sileocc.

C'est bien ! c'est bien! voilà de ces choses qu'on ne dit jamais... après.

RATON, à |>arl, tristement.

Fournisseur de la cour !

MAKTHE.

Tu dois cire content,... c'est ce que tu désirais.

UATON.

Je l'élais déjà par le fait, exce|)té que je fournissais deux reines, et qu'en en renvoyant une, je perds la moitié de ma clientèle.

MARTHE

Et tu as risqué ta fortune, ton existence , celle de ton fils, qui est blessé... dangereusement peut être,... et pourquoi?

RATON, montrant Rantzau et KoUer.

Pour que d'autres en prolitcnt.

HAirniE.

Faites donc des conspirations!

RATON, lui tendant la raaiu.

C'est dit,... désormais je les regarderai passer, et le diable m'emporte si je m'en mêle!

TOUT LE PEUPLE, entourant Rantzau et s'inclinanl devant lui.

Vive le comte de Rantzau !

Page 1