ACTE II, SCENE II. ;J
volontiers , et même avec cmpresscmcnl, dans toutes les petites occasions qui peuvent lui être agréables; mais dès qu'il s'agit d'affaires graves, d'affaires d'État,... elle sait bien qu'il est inutile de me prier,... et elle ne l'essaye même pas.
CÉSAlîlNE.
Aussi ce matin , monsieur, vous me rendrez la justice de dire que je n'ai pas insisté.
C'est vrai.
CÉSARINE
Et cependant, si vous l'aviez bien voulu, vous auriez pu ne pas causer ce désappointement à ce pauvre Oscar, et donner congé à la Chambre haute , qui devrait bien s'habituer à marcher sans vous,... car, enfin, si vous étiez malade...
M. DE MIREMONT, d'ua air sévère.
Ma femme!...
CÉSARINE
Allons , ne vous fâchez pas, je me tais,... je n'ai pas envie de me faire une querelle ; et puisque vous le voulez absolument, que rien ne vous arrête ,... allez au Luxembourg ; j'irai pendant ce tempslà à la séance du Conservatoire,... si toutefois vous ne vous y opposez pas encore...
M. DE MIREMONT , s'inclinant et lui prenant la main. Ma chère amie...
CÉSARINE
J'ai dans la loge du ministre une place que sa femme m'a offerte, et qu'heureusement je n'avais pas refusée.
M. DE MIREMONT
A la bonne heure.
BERNARDET, à pari.
C'est là qu'elle voulait aller !
CÉSARINE , gaicraent à Oscar.
Ce sera du moins un dédommagement qui ne me consolera pas de ce que je perds, mais qui m'empêchera d'y penser... (A monsieur de Miremont.) Partez vite; la voiture vous conduira d'abord au Luxembourg, et viendra me rejoindre ici,... où j'ai à parler à monsieur Bernardet.
RERNARDET.
Trop heureux d'être à vos ordres !
CÉSARIiNE,
Oscar, donnez donc le bras à voire cousin... jusqu'à la voiture...
M. DE MIREMOiNT.
Comme vous voudrez,... mais c'est inutile.
EERNARDET.
Je le crois bien , monsieur le comte n'a pas besoin de bras ; il a pour son âge une vivacité et une verdeur... Il est plus jeune que nous.
OSCAR , d'un air malin.
Je m'en rapporte à ma cousine !
CÉSARINE
Vous êtes béte , Oscar.
OSCAR, riaot.
N'est-ce pas , je suis drôle ! . . . ( 4 part. ) Elle est un peu bégueule, ma cousine, mais elle est bien aimable... ( Offrant son bras à M. de Miremont.) Je VOUS conduis jusqu'cn bas... (A Bernardet.) Je donue les derniers ordres pour le déjeuner,... ( à Césarine) et je reviens.
M. DE MIREMONT
Adieu, ma femme!... ne sois pas fâchée contre moi, et surtout ne t'impatiente pas. Dans un quart d'heure je te renvoie la voiture.
( Il sort avec Oscar. )