ACTE IV, SCÈNE IX
CÉSARINE
Et VOUS avez raison !
EDMOND
Eh bien! madame, je n'ai pas les idées que l'on me suppose; je désire la considération , non pour elle-même , mais parce qu'elle me rapprocherait d'une personne dont en ce moment je suis trop loin par malheur.
CÉSARINE
En vérité , c'est là le motif...
EDMOND
.le n'en ai pas d'autres, je vous le jure. Ce n'est pas l'ambition qui remplit mon cœur, c'est une autre passion que depuis longtemps je voudrais me cacher à moi-même et que je n'ai jamais avouée, pas môme à celle qui en était l'objet.
CÉSARINE
Et pourquoi donc?
Parce que jusqu'à présent j'étais sans espoir.
CÉSARINE
Et mahitenant vous en avez donc'
EDMOND
D'aujourd'hui seulement.
CÉSARINE
Comment cela.'
EDMOND
Ah ! je voudrais et n'ose vous le dire !
CÉSARINE
Pourquoi.' Est-ce que je connais la personne ?
EDMOND
Oui, madame, beaucoup.
CÉSARINE, souriant.
En vérité.' Parlez,... si j'ai quelque pouvoir...
EDMOND, vireraent.
Un très-firand! Vous pouvez beaucoup sur elle,... et s'il faut vous l'avouer, vous pouvez tout !
CÉSARINE, jouant rétonneineiit.
Que voulez-vous dire ?
EDMOND
Que de vous seule dépend mon bonheur ! Un mot de vous , et je n'ai plus rien à désirer! Oui, cette amitié que vous m'offrez si gé-
néreuseineut, j'y crois désormais , je l'implore, et si vous me secondez , si vous parlez pour moi , je suis sûr d'obtenir sa main.
CÉSARINE
Sa main?... qui donc?
EDMOND
Agathe , votre belle-fille.
CÉSARI>E.
0 ciel !
EDMOND
Oui , madame.