‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 391 sur 535 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LUCIEN, seul.

Je n'ai pas dormi delà nuit,... je ne sais à quelle idée m'arrêter, ni quel parti prendre :... il faut que je parle à Raymond,... car, enfin, rien n'est encore terminé!... Excepté madame de Guibert et son mari, personne ici ne sait que ce contrat doit se signer aujourd'hui... Personne ne me connaît pour le prétendu ; de ce côté, du moins, j'échapperai aux railleries et au ridicule... Mais sur les propos de ce garçon de bains et de ce Coquenet , le type des badauds de province,... renoncer à celle que j'aime , à un mariage avantageux , sans raisons, sans motifs,... sans preuves !... Il est vrai que j'ose à peine interroger,... tantj'ai peur qu'ils ne devinent tout l'intérêt que je porte à Cécile !... Mais enfin, des preuves,... personne n'en donne,... il n'y en a pas;... et cependant, cela se dit, cela se répète, et,... tout à l'heure encore,... là,... dans ce salon, n'aije pas entendu, près de moi, les suppositions les plus extravagan. tes, sur Cécile, sur sa famille, sur tout ce qui l'entoure ?. . . Et une fois que je serai marié, ils ne m'épargneront pas : ... bien plus, ils diront que je n'ignorais rien ;... ce Coquenet l'attestera,... lui, qui est venu hier tout me raconter, à moi-même!... Je savais tout;... et j'ai passé outre , parce que Cécile est riche, de haute naissance,... pupille du ministre... Ilsle diront ;... je les entends déjà croasser de tous côtés autour de moi,... J'en ai le frisson,... j'en ai la fièvre!... Allons, consultons Raymond; lui seul peut me donner un bon conseil... C'est lui !... Quelle contrariété ! il est avec sa sœur.

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