‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 463 sur 535 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

THOMPSON

Avant 'deux heures... Ils m'ont alors remis ce papier, en ajoutant qu'ils viendront à deux heures présenter leurs homraoges et leurs réclamations à Votre Majesté.

I,A RELNE.

La duchesse y sera,... cela la regarde; c'est bien le moins qu'elle m'épargne ce soin-là... J'en ai tant d'autres... (Thompson. ) Sais* tu quels étaient ces honorables .'

THOMPSON

Ils étaient quatre, et je n'en connaissais que deux, pour les avoir vus ici quand ils étaient ministres , et qu'à leur tour ils faisaient attendre les autres.

LA REINE, vivement.

Qui donc ?

THOMPSON

Sir Harley et M. de Saint-Jean.

LA REINE

Oh!... et ils sont partis ?

THOMPSON

Oui, madame...

LA REINE

Tant pis,... je suis fâchée de ne pas les avoirreçus ;. . . M. de Saint- Jean surtout!... Quand il était aupouvoir,... tout allait au mieux ,... mes matinées étaient moins longues,.. .je ne m'ennuyais pas tant,... et aujourd'hui , en ral)sence de la duchi'sse, cela se rencontrait à

merveille,... c'était comme un fait exprès,... un bon hasard Jau-

rais pu causer avec lui, et l'avoir renvoyé; c'est d'une maladresse ! . . .

THOMPSON

Madame la duchesse me l'avait tant recommandé !... règle générale : toutes les fois que M. de Saint-Jean se présentera...

LA REINE

Oh!... c'estla duchesse !... c'est différent ! Et M. de Saint-Jean n'a rien dit ?

THOMPSON

C'est lui qui venait d'écrire , dans le salon d'attente , le papier que j'ai remis à Votre Majesté.

LA REINE, prenant vivement le papier sur la table.

C'est bien. — Laisse-moi.

( TLompson sort. )

LA REINE , lisant.

« Madame , « Mes collègues et moi demandions audience à Votre Majesté ! « eux pour affaires d'État, et moi, pour jouir de la vue de ma « souveraine, qui depuis si longtemps m'est interdite. « Pauvre sir Henri ! « Que la duchesse éloigne de vous ses ennemis polili- « ques , je le conçois ; mais sa défiance va jusqu'à repousser une « pauvre enfant dont la tendresse et les soins eussent adouci les « ennuis dont on accable Votre Majesté. — On lui refuse la place « que vous vouliez lui donner près de vous , en alléguant qu'elle « est sans famille ; et je vous préviens, moi, qu'Abigail Churchill « est cousine de la duchesse de Marlborough. » ( S'arrêtant.) Est-il possible!... (Lisant.) « Ce seul fait vous donnera la mesure du « reste;... que Votre Majesté en profite, et veuille bieu en garder « le secret à son fidèle serviteur et sujet, etc. » Oui,... oui, c'est la vérité. — Henri de Saint-Jean est un de mes fidèles serviteurs;... mais ceux-là, je ne suis pas libre de les accueillir ;... lui , surtout,... ancien ministre, je ne puis le voir sans exciter la défiance et les plaintes des nouveaux! Ah! quand ne serai-je plus reine pour être ma maîtresse ! Dansie cliuix^inèTBC'Tîfe âies~âmîs7 demaM?f avr?''ërp?fîîfKsî'ôn aux conseillers de la couronne , aux Chambres, à la majorité,... à tout le monde enfin ;... c'est à n'y pas tenir!... c'est un esclavage odieux , insupportable , et ici , du moins , je ne veux plus obéir à personne , je serai libre chez moi, dans mon palais ! — Oui, et quoi qu'il puisse arriver, j'y suis décidée. — ( Elle sonne, Thompson paraît. ) Thompson , rendez-VOUS

à l'instant dans la Cité, chez maître Tomwood, le joaillier ;... vous demanderez miss Abigaïl Churchill, et vous lui direz qu'elle vienne à l'instant même au palais. — .Te le veux, je l'ordonne , moi, la reine!... Allez!...

THOMPSON

Oui , madame.

(11 sort. )

LA REINE

L'on verra si quelqu'un ici a le droit d'avoir une autre volonté que la mienne; et d'abord la duchesse, dont l'amitié et les conseils continuels... commencent depuis longtemps à me fatiguer... Ah! c'est elle! (Elle s'assied, et serre dans son sein la lettre de Bolinjbroke. )

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