ACTE III, SCÈNE II
\niCAÏl. , s'adrcssant à la reine.
Votre Majeslc m'ordonne t-elle de m'Oloigner.'
LA REI>"K , avec cnibari-as.
Non,... car j'ai tout à l'Iieure des ordres à vous donnor....
( Avec une sédioiesse nlTeclce. ) Prenez un livre. (A la diielicsse d'un aie
gracieux.) Eh bien, duchesse?...
LA DUCHESSE, avec luimeur.
Eh bien , malgré le discours de Bolingbroke , les subsides seront volés , et la majorité, jusqu'ici douteuse, se dessine pour nous, à la condition que la question sera neltemenj^jr^nchçp et ,qa'i).i)
renoncera fl tfllltP «T^gnfiaHftn amn TntHfcâokj
LA REINE
Certainement.
LA DlCdESïE.
Voilà pourquoi l'arrivée à Londres et la présence du marquis de Torcy produisaient un si mauvais effet ; et j'ai eu grandement raison , comme nous en étions convenues, de promettre en votre nom que vous ne le verriez pas , et qu'aujourd'hui même il recevrait ses passe-ports.;
ABIGAÏL, près (lu guéridon à droite, où elle est assise, et laissant tomber son livre.
O ciel !
LA DICIIESSE.
Qu'avez-vous?
ABIGAÏL, regardant la reine d'un air suppliant...
Ce livre,... que j'ai laissé tomber !
LA REINE, à la duchesse.
Il me semble, cependant,... que, sans rien préjuger, on pourrait peut-être entendre le marquis...
LA DUCHESSE
L'entendre!... le recevoir !... pour que la majorité, incertaine et flottante, se tourne contre nous et donne gain de cause à Bolingbroke !
LA REl.VE.
Vous croyez!...
LA DUCHESSE
Mieux vaudrait cent fois retirer le bill , ne pas le présenter; et si Votre Majesté veut en prendre sur elle les conséquences , et s'exposer au bouleversement général qui en sera la suite...
LA REINE, effrayée et avec humeur.
Eh non, mon Dieu ! qu'on ne m'en parle plus,... c'en est trop
déjà ! ( Elle va s'asseoir près de la t.ible à gauche. )
LA DUCHESSE
A la bonne heure!... Je vais annoncer au maréchal ce qui se passe , et en même temps écrire , pour le marquis de Torcy , cette lettre que je soumettrai à l'approbation et à la signature de Votre Majesté...
LA REINE
C'est bien !
L\ DUCHESSE
Ici ,. ... à trois heures , en venant la prendre pour aller à la chapelle !
LA REINE
A merveille;... je vous remercie....
LA DUCHESSE , à part.
Enfin! (Elle sort.)
ABIGAÏL , qui pendant ce temps est toujours restée assise près du guéridon.
Pauvre marquis de Torcy!... nous voilà bien! (Elle se lève, et va
replacer près de la porte du fond le tabouret qu'elle y avait pris. )
LA REINE, à gauche, et prenant les dépêches que la duchesse lui a remises.
Ah! quel ennui, Enlendrai-je donc toujours parler de bill , de parlement, de discussions politiques?... et ces dépêches du maréchal qu'il me faut lire , comme si je comprenais quelque chose à ces
termes de guerre ! ( Elle ]>arcourt le rapport. )