‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 96 sur 535 · JEAN, RATON, MARTHE · texte numérisé non relu

JEAN, RATON, MARTHE

JEAN, portant des étoffes sous son bras.

Me voici, notre maître... .le viens de chez la baronne de Molke.

RATON, brusquement.

Eii bien! qu'est-ce que ça me fait! qu'est-ce que tu me veux?

JEA.N.

Le velours noir ne lui convient pas, elle l'aime mieux vert, et vous prie de lui en porter vous-même des échantillons.

RATON, all.'int au comptoir.

Va-t'en au diable!... Vous allez voir que je vais me déranger de mes affaires!... Il est vrai que la baronne de Molke est une femme de la cour... Tu iras, ma femme ; ce sont des affaires du magasin, cela te regarde.

JEAN

Et puis voici...

RATON

Encore ! il n'en finira pas.

JEAN, lui présentant un sac.

L'argent que j'ai touché pour ces vingt-cinq aunes de taffetas gorge de pigeon...

RATON, prenant le sac.

Dieu! que c'est humiliant d'avoir à s'occuper de ces détails-là! ( Lui rendant le sac. ) Porte Cela là-haut à mon caissier, et qu'on me laisse tranquille. ( Use remet à écrire.) « Oui, madame, c'est à votre majesté... )'

JEAN , passant à droite et pesant le sac.

Ilimiiliant !... pas tant, et je m'accommoderais bien de ces humiliations-là.

MARTHE , l'arrêtant par le bras au moment où il va monter l'escalier.

Écoutez ici , monsieur Jean. Vous avez été bien longtemps dehors , pour deux courses que vous aviez à faire.

JEAN, à part.

Ah, diable!... elle s'aperçoit de tout, celle-là! elle n'est pas comme le bourgeois. (Haut.) C'est que, voyez-vous, 'madame, je m'arrêtais de temps en temps dans les rues ou dans la promenade à écouler des groupes qui parlaient.

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