JEAN, RATON, MARTHE
JEAN, portant des étoffes sous son bras.
Me voici, notre maître... .le viens de chez la baronne de Molke.
RATON, brusquement.
Eii bien! qu'est-ce que ça me fait! qu'est-ce que tu me veux?
JEA.N.
Le velours noir ne lui convient pas, elle l'aime mieux vert, et vous prie de lui en porter vous-même des échantillons.
RATON, all.'int au comptoir.
Va-t'en au diable!... Vous allez voir que je vais me déranger de mes affaires!... Il est vrai que la baronne de Molke est une femme de la cour... Tu iras, ma femme ; ce sont des affaires du magasin, cela te regarde.
JEAN
Et puis voici...
RATON
Encore ! il n'en finira pas.
JEAN, lui présentant un sac.
L'argent que j'ai touché pour ces vingt-cinq aunes de taffetas gorge de pigeon...
RATON, prenant le sac.
Dieu! que c'est humiliant d'avoir à s'occuper de ces détails-là! ( Lui rendant le sac. ) Porte Cela là-haut à mon caissier, et qu'on me laisse tranquille. ( Use remet à écrire.) « Oui, madame, c'est à votre majesté... )'
JEAN , passant à droite et pesant le sac.
Ilimiiliant !... pas tant, et je m'accommoderais bien de ces humiliations-là.
MARTHE , l'arrêtant par le bras au moment où il va monter l'escalier.
Écoutez ici , monsieur Jean. Vous avez été bien longtemps dehors , pour deux courses que vous aviez à faire.
JEAN, à part.
Ah, diable!... elle s'aperçoit de tout, celle-là! elle n'est pas comme le bourgeois. (Haut.) C'est que, voyez-vous, 'madame, je m'arrêtais de temps en temps dans les rues ou dans la promenade à écouler des groupes qui parlaient.