‹ Œuvres choisiesChapitre 10 sur 446 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

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Il n'y a pas de mal , mon oncle , il n'y a pas de mai. Eh bien ! qu'est-ce qu'elle a répondu?

GOIRVILLE.

Qu'elle ne pouvait pas concevoir le goût de ces dames; et que si elle avait été à leur place , elle répondait bien que pour elle...

GUSTAVE

Ah! elle a dit cela?

COLRVILLE.

Et mille autres railleries plus piquantes encore; au point que je me suis mis en colère, et que je lui ai soutenu que , malgré sa lierlé , si tu voulais t'en donner la peine , je la verrais ellemême...

GL'STAVE.

Oui , morbleu !

GOLRVILLE.

Elle s'est contentée de sourire d'un air dédaigneux , en levant les épaules; et c'est dans ce moment-là que tu es arrivé. J'aurais voulu pour tout au monde que tu parusses à ses yeux avec tous tes avantages. Eh bien ! pas du tout ! Tu vas justement par ta conduite ei tes discours lui donner encore gain de cause. Aussi tu as pu voir le petit air triomphant avec lequel elle nous a quittés. Voilà d'où venait ma colère ; parce qu'enfin , je tiens à l'honneur de ma famille.

GtSTAVE.

Soyez tranquille, mon cher oncle, je vous réponds que nous serons bientôt vengés. Voulez- vous parier que dès demain elle m'aime.

GOIRVILLE , d'un air de doute.

Oh, demain! Tu me permettras de te dire...

Eh bien ! vous verrez.

GOURVILLE

Je ne demande pas mieux, mon garçon. Je t'avertis seulement que tu auras de la peine. Ah çà! tu me tiendras au fait de tout ce qui arrivera.

GUSTAVE

Parbleu ! sans cela notre vengeance ne serait pas complète. Il faut que nous puissions rire à ses dépens.

COIRVILLE.

Surtout, prends l'air bien amoureux, bien sentimental; on ne triomphe des grandes vertus que par les grandes passions.

GUSTAVE

Parbleu ! n'allez-vous pas m'apprendre ce qu'il faut faire ?

GOURVIIXE.

Non, mon ami, non, je n'ai pas tant d'esprit, tant d'adresse que toi ; et je te laisse combiner ton plan d'attaque. ( A part. ) A merveille, les voilà auK prises, et ils ne feront maintenant que ce qui me plaira.

Air du vaudeville de la Somnambule.

Allons , mon cher, il y va de ta gloire, Point de scrupule, il faut soumettre un cœur; Je fais ici des vœux pour ta victoire. Mais je rirai si tu n'es pas vainqueur.

GUSTAVE

De mon adresse elle sera victime.

Jeté croirai quand tu triompheras.

GUSTAVE

On est louchant quand on exprime Le tendre amour que Ton n'éprouve pas.

(Gourville sorl.)

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