M. DE N OU! MON T
Ah ! ... raison de plus pour se hâter. Mais vous sentez bien ({u'avec un pareil homme, je me suis bien gardé de rien demander, do parler de moi ou de mes services. D'abord , il n'est pas dans mon caractère de solliciter ou d'intriguer; on sait ce que je vaux. Vous le savez , vous , madame Presto ?
MADAME PRESTO
Certainement.
M. DE NOIRMONT
Eh bien ! vous pouvez le dire à son excellence, lui parler des injustices dont j'ai été la victime, de tout le bien que j'ai fait, de cette brochure que j'ai fait faire, et surtout de cette place de receveur particulier qui est vacante à Paris, et que je sollicite pour mon gendre; et tout cela négligemment... sans affectation... par manière de conversation , et comme chose de notoriété publique , le tout sans vous compromettre , car vous n'êtes pas censée savoir que c'est un ministre; vous ne voyez en lui qu'un simple particulier qui vient loger et déjeuner chez vous.
MADAME PRESTO
Vous avez raison , moi qui n'y pensais pas ! ( Allant vers la porte du fond. ) Le déjeuner de monseigneur ! ,
M. DE NOIRMONT, l'arrêtant.
Silence donc ! attendez au moins qu'il le demande ; et surtout n'allez pas donner à ce déjeuner une dénomination ministérielle. C'est un déjeuner incognito,
MADAME PRESTO
Soyez tranquille.
M. DE NOIRMONT , écoutant et regardant ;i la porte de la chambre ilc M, de lierljc.
On a parlé, il osl levé. Oh! ma foi, je n'y tiens plus.
( Il frappe à la porte. ) M. DE KtKLAC , en dedans.
Qu'est-ce ? qui est là ?
M. DE NOir.MONT.
Monseigneur est-il visible ?
il. DE BERLAC , de même.
Oui.
yi. DE NOIRMONT.
Peut-on entrer.'
M. DE BEKL\C.
Entrez.
M. DE NOIUMOIST.
Entendez-vous .5 11 a dit-: Entrez.
MADAME PRESTO
Il l'a dit.
M. DE NOIRMONT
Quelle bonté ! Mais surtout , madame Presto , de la discrétion , la plus grande discrétion. Il a dit : Entrez ; j'entre.
( Il entre dans la chanibrc. )