GUSTAVE, GOURVILLE
COVRVILLE.
Eh bien , mon ami , quelle nouvelle? comment cela va-t-il?
r.lSTWF.
Très-bien, mon oncle; et vous aviez raison : elle est charmante, vive, légère, spirituelle et coquette! Coquette d'autant plus redoutable qu'elle affecte de ne pas fétre , et que si je n'avais pas été prévenu par vous , j'y aurais été pris tout le premier.
GOUKYILLE.
N'est-ce pas que j'ai bien fait ? Tu crois donc que tu finiras par te faire aimer ?
CUSVAVE.
Oui , mon oncle , j'ai bonne espérance; mais c'est plus difficile que je ne croyais , parce que vous comprenez bien qu'une femme qui est tout à fait insensible...
COI R VILLE
Prends garde , prends garde ! c'est que je crois qu'elle ne l'est pas. Tout à l'heure au salon , une de ses tantes lui a parlé d'un jeune homme qu'elle protège, et qui la demande en mariage.
GUSTAVE
Eh bien , qu'a-t-elle répondu .'
Eh mais ! elle n'en a pas paru fort éloignée. C'est un homme qu'elle a vu plusieurs fois, et qui a un bel état dans le monde.
GLSTAVE.
Et vous croyez qu'elle accepterait.?
GOURVILLE
Ma foi, si tu ne te dépêches pas de la subjuguer entièrement, elle va profiter du peu de bon sens que tu lui laisses pour faire un mariage raisonnable.
GUSTAVE
C'est ce qu'il faudra voir! non pas que j'y tienne, car vous sentez bien, mon oncle, que ce n'est que pour notre gageure, mais je veux la gagner.
COIUVILLE.
Eh bien ! empêche le courrier de partir , car madame de Melval nous a dit qu'elle allait s'enfermer dans sa chambre pour faire réponse au prétendu.
GISTAVE.
Elle le refusera, mon oncle, elle le refusera, j'en suis sûr ; et je n'ai pas envie de la voir dans ce moment, parce que ce serait montrer trop d'ardeur, trop d'empressement.
r.OlRVILLE.
Tu as peut-être raison, et, si tu veux, nous irons promener ensemble.
r.rsTWE.
Certainement , je ne demanderais pas mieux. (F.aflcur entre, tenant lin paquet de lettres.) Mais, tenez, voici Lafleur qui vous apporte vos lettres; je ne veux pas vous empêcher de les lire. (Gustave prend
les lettres des mains de Lafleur, et les donne à son oncle.) f.OLT.VUXE.
C'est bien. (A Lafleur.) Sais-tu où est madame de Melval .'
LAFLEUR
Ces dames sont de ce côté, dans la grande allée.
GUSTAVE, le renvoyant.
C'est bien. Adieu, mon oncle ; je vous laisse , je vais dormir une heure dans mon appartement.
GOURVILLE
Je te le conseille; et surtout ne fais pas de mauvais rêves. (H
s'assied devantla table. Gustave fait semblant d'aller à droite, où est son appartement; puis il marche sur la pointe des pieds, et sort par la gauche, du côté du jardin.)