‹ Œuvres choisiesChapitre 168 sur 446 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

O.ÉR\KD,

Monsieur le marquis, c'est l)ien de l'houneur pour moi.

LE MARQtlS , à part.

Oui, parbleu, je te ferai cet liouneur-là. SCÈNE X.

LE CEIEYALItR, GÉRARD.

OÉr.ARD.

Qu'avez-vous donc, monsieur le chevalier? vous clés trislo, pensif.

LE (HEVALIER,

Moi!... oui, je pense.

r.ÉRARD, avec botiliomie.

Vous soupirez , vous n'êtes pas heureux , vous qui méritez tant de l'être; mon mariage vous rappelle peut-être quelque chagrin,

quelque inclination contrariée. ( Le chevalier fait un mouvement. ) Ah ,

pardon! ce que je dis là n'est pas par curiosité au moins ; mais quand on est heureux , on voudrait que tous ceux qu'on aime, qu'on respecte, le fussent aussi. Ce n'est pas l'embarras , si je suis heureux, moi, mademoiselle Julie ne l'est guère.

LE CHEVALIER, viveiueut.

Comment ?

cÉRAr.n.

Vous savez bien ce qui est arrive à Raymond, son frère ; ils

l'ont enrôlé.

LE CHEVALIER

Oui, je l'avais oublié.

CÉRARD.

Toute la journée elle ne fait que pleurer.

LE CHEVALIER, vivement.

Elle pleure !

GÉRARD

Elle aime tant son frère! elle lui est si attachée! Nous savons que Raymond s'est déjà réclamé de vous, qu'il vous a écrit. Eh bien ! y a-t-il quelque espoir ?

LE CriEVALIER.

J'en avais déjà parlé; mais je verrai moi-même son colonel. Quel est-il ?

GÉHARI).

Régiment de Brie , colonel Fouquet.

LE CIlKVAUEn.

Colonel Fouquet ! c'est un parent du vicomle, et je saurai pur lui. . . (;i>,\RD.

Tenez , voilà ma femme qui vient de ce côté-ci , sans doute dans l'intention de vous en parler aussi. Moi, je vais le voir en attendant, ce beau-frcre, le consoler, lui porter quelque argent.

LE CllEVALlEIi.

(iérard , dis à Raymond que , si je ne puis pas le délivrer, nous partirons ensemble.

l.ÉRARD.

Oui, monsieur le chevalier. (Bas, à sa (cmme, qui entre, en lui mou-

liant le clievaiier. ) Il n'est pas heureux ; c'est bien dommage !

( 11 sort; moment de bilcncc. )

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