SCE.NE II
C'est z-au sujet de mon pelil-lils Chariot , que mon général a z-eu la bouté de faire élever et d'envoyer à l'enseignement mutuel. Voilà z-à peine un moins qu'il y est , et il en sait déjà plus que moi , qui n'ai jamais su ni lire ni écrire , comme mon général le sait bien.
LE GÉNÉRAL
Et où est le mal?
MORIN
Le mal , c'est que tous les concierges mes confrères , et celui de la vieille marquise , le suisse du n° 9, disent que c'est dangereux, et que ça peut lui donner de mauvaises idées.
LE GÉNÉRAL
Que diable viens-tu me chanter là ?
MOniN, Air : L'amour qu'Edmond a su me laire.
Ils dis'nt que loin d'cjuitler l'ornière,
Il faut suivr' les chemins ballus ;
Quc'est pour vouloir étr' plus qu'leur père ,
Que les enfants se sont perdus, A la routine, enfant, restez docile,
Dussiez-vous y marcher tout seul ; Et votre aieul fut-il un imbécile, Soyez plutôt ce que fut votre aïeul-
LE GÉNÉRAL , le regardant.
Si ce diable de Caracalla savait lire , je croirais quelquefois qu'il lit la,., ou bien... Fais-moi le plaisir de me laisser tranquille, et de retourner à ta loge.
MORIN
Ne vous fâchez pas, monsieur, j'y pensais. Aussi bien je me rappelle qu'il y a là un vieux monsieur qui vous attend depuis un quart d'heure.
LE GÉNÉRAL
Et tu ne l'as pas fait entrer sur-le-champ?
Air du Piège.
Je vous l'ai dit, je prétends et je veux
Que cet usage soit le vôtre , Que nul ne fasse antichambre en ces lieux ;
Un vieillard bien moins que tout autre.
Redoublant vos soins empressés ,
Dès qu'il parait je veux l'entendre; Ses cheveux blancs doivent vous dire assez
Que lui n'a pas le temps d'attendre.
228 AVA.M, PENDANT ET Al'UES.