‹ Œuvres choisiesChapitre 204 sur 446 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

folies pareilles? Et au milieu de tout cela, mon pauvre chevalier, comment se sont trouvées vos affaires?

LE GIÎSÉRAL.

Assez bien. Je suis maintenant un des premiers propriétaires de France , grâce aux fabriques que j'ai établies , aux manufactures que j'ai créées.

LE VICOMTE

Vous, dans le commerce! Ah, mon cher ami! qu'est-ce que vous m'apprenez là? Votre famille doit être dans la désolation.

LE GÉNÉRAL

Non, vraiment, vu que nous partageons tout, et que je viens d'étabhr en faveur de mon neveu Alfred , le fils de mon frère , un majorât de vingt mille écus de rente.

Air : De sommeiller encor, ma chère.

Saus préjugé chacun cxcerce Son industrie et ses talents ; Nos vicomtes font le commerce , Nos chevaliers sont fabricants.

Et dans ce siècle où Ton respecte Le mérite avec ou sans nom , Un marquis est mon architecte, Et mon médecin est baron.

LE VICOMTE

Oui; mais la considération...

LE GÉNÉRAL

Maintenant, mon cher, on est toujours considéré quand ou paye à l'État vingt-cinq mille francs d'impôt.

LE VICOMTE

Vous payez la taille !

C'est ce qui arrive à tout le monde.

LE VICOMTE

Les bourgeois , c'est bien ; mais le comte de Surgy ! mais moi ! Je ne payerai pas, je ne payerai jamais.

LE GÉNÉRAL

On vous fera saisir.

LE VICOMTE

Le vicomte de la Morlière !

LE GÉNÉRAL

Pourquoi pas ?

232 AVaM, pendant EÏ APRES.

LL VICOMTE

Un homme de qualilc !

LE GÛ.MÎRAL.

Tout comme un autre.

LE VICOMTE

Qu'est-ce que c'est donc qu'un régime comme celui-là?

LE GÉNÉRAL

Celui des lois.

LE VICOMTE

Nous sommes au-dessus d'elles , nous autres , et je m'en moque.

LE GÉNÉRAL

Prenez garde , et ne dites pas de mal de nos lois; car voilà mon neveu qui est pair de France , et qui en fait tous les jours.

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