ACTE I, SCÈNE II
B.VRESTIN.
Sur mon bras , de grâce , Allons , appuyez-vous ; Ali! loin qu'il me lasse, Ce soin est bien doux.
Soin touchant, qui semble Un soin lilial; Tableau dont l'ensemble Est patriarcal.
CATHERINE
J'admire sa grâce, Aimable pour tous; Jamais rien ne lasse Des soins aussi doux.
C'est, en conscience.
Un soin lilial ; A sa complaisance.
Non , rien n'est égal.
BARENTIN
EU bien , Catherine ! vous ne pensez pas à donner un fauteuil h monsieur.' Vous ne pensez à rien. (A Dubrcuil.) Asseyez-vous donc.
( Diibreuil s'assied sur un fauteuil que Barenlin lui a donné. Barcntin reste debout à sa gauche, Catlieriucàsa droite. Bareiitin, s'adressant à Catherine.)
Vous direz aussi à Joseph de promener mon cheval , de lui donner du vin chaud ; ces chevaux anglais demandent tant d'égards ! Je sais cela , moi qui , avant mes malheurs , en avais dix dans mou écurie... Et un tabouret sous ses pieds!... M. Dubreuil... Donne, donne , Catherine.
M. BIBRECIL.
Vous êtes trop bon , et vous vous donnez trop de peine ; vous me feriez croire à la lin plus vieux que je ne le suis. Tiens , Catherine, prends-moi mon chapeau. (Bareotiu prend le chapeau de Dubrcuil, et le pose sur une chaise. Catherine se retire avec humeur, ) Eh bien ! lu
t'en vas ?
CATHERINE
Puisque monsieur est là , vous n'avez pas besoin de moi ; et vous pourriez vous passer de tous vos domestiques.
M. DUBREUIL
Catherine !
Laissez-la dire ; moi, j'aime les duègnes , les gouvernantes , il faut qu'elles soient toujours de mauvaise humeur ! privilège tou-
cliaul de la fidélité; et puis celle-ci vous rend de grands services. catheuim;.
Monsieur en convient donc ?
BARENTIN
Certainement; la vieillesse chagrine et morose fait ressortir encore mieux celle qui est aimable et indulgente ; et à ce litre , il faut garder votre gouvernante , vous ne trouverez jamais mieux.
CATHERINE
Monsieur...
M. DlBRraiL.
Allons, Catherine, tais-toi, et laisse-nous.
CATHERINE
On m'impose silence : c'est là le plus fort.
( Marie rentre; Bureotin va au-devaut d'elle, et lui parle bas peiidaut que
Catherine chante son couplet. )
Air du vaudeville de l'Homme Vert.
Me faire taire , je suffoque ,
Je n'y tiens plus, et je m'en vais;
Sacliez, c'est là ce qui me choque,
Que chiens, chevaux , femme et laquais,
Il prend tout, de tout il dispose,
Du vieux aussi bien que du neuf;
Bien heureux , monsieur, et pour cause ,
Que , grâce au ciel , vous soyez veuf.
( Elle sort. )