‹ Œuvres choisiesChapitre 238 sur 446 · ACTE I, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IX

qui ne me plaisait pas beaucoup ; mais te voilà , elle me convient , parce que tu nous accompagneras ; et tu verras ma fille , qui est une intrépide amazone , qui u'a peur de rien : cela doit te faire plaisir à toi , à un militaire.

ARVED.

Eh mais ! je ne déteste pas les femmes qui ont peur. Pardon... mon ancienne franchise qui revient.

Air : Ce cjnc j'éprouve en vous voyant,

II me sied mal , grave censeur.

De me permettre ici le blâme.

MALVISA.

Parlez, de grâce.

AKVF.D.

D'une femme La faiblesse plait à mon cœur.

Mais , quand son àrae peu craintive Hardiment brave le danger, Rien ne peut nous dédommager ; Car son courage, tiélas! nous prive Du bonheur de la protéger.

M.VLVI.NA.

Monsieur sera-t-il des nôtres ?

ARVED.

Si cela peut vous faire plaisir,... si je suis nécessaire... Mais vous ne comptiez pas sur moi ; et , si vous voulez bien me le permettre, j'aime autant rester ici.

M. DLBRELIL.

Comment ! tu as refusé ma fille ! Mais c'est la première fois que cela lui arrive.

J'espère que ma cousine ne m'en voudra pas ; j'arrive , je suis fatigué, nous avons marché toute la nuit, et, en enfant delà maison, je vous demanderai la permission de dormir quelques heures avant le dîner.

MVLVINA.

Vous êtes le maître.

ARVED.

D'ailleurs, cousine, je crois que vous n'aurez pas beau temps pour votre chasse; le ciel est couvert , et je crains de la pluie.

Vous! un militaire ! qui par état devez braver tous les éléments.

57» MALViXA.

AUVEb.

Oui , quand il le faut ! Raison de plus pour s'en priver quand il ne le faut pas.

M. ninp.ELu,.

11 a raison; ce n'est pas chez soi qu'il faut se gêner. Ainsi, mon garçon, liberté entière, et je t'en donne l'exemple. Je vais écrire à M. de Barenlin la lettre en question. ( A MaUiua. ) Viens-tu, mon enfant.^

MAI.VINA

Non, mon père, je reste ; je tiendrai compagnie à mon cousin.

M. DLBRELIL.

Il serait possible ! ( Bas, à Arved. ) Jamais je ne l'ai vue aussi aimable pour personne. ( Haut. ) Eh bien, mes enfants , causez ensemble. ( Bas, à Arved. ) Cela va à merveille , j'en étais sûr. ( II entre

dans l'appartement à droite. )

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