‹ Œuvres choisiesChapitre 265 sur 446 · SCÈNE XllI · texte numérisé non relu

SCÈNE XllI

M. DUDREUIL, MALVINA. (M. Dubreuil est pâle et défait; ils'approelic lentement de Malvina.qui , sans prononcer une seule parole, joint les mains, et tombe à ses genoux. )

M. DIBREUH,, froidement, parlant avec effort.

Je sais tout; et si je n'avais écoulé que ma juste colère... Mais

kCïiî. II, SCENE XIV. 305

Arved, mais mon (ils,... car lui seul est maintenant mon fils,... il a prié pour toi ; et lui, qui n'est pas coupable , il a, comme loi , embrassé mes genoux; eutin il m'a menacé, si je ne le pardonnais pas, (le m'abandonner aussi, et je n'ai pas voulu renoncer à un fils que j'aime, pour un enfant ingrat que je n'aime pi...

MVLMNA.

Mon père !

M. DIBREL'IL, la iele\aut.

Ah ! malgré moi, je l'aime encore ; et je n'ai plus que la force de te plaindre. Quel sort tu l'es préparé, ma fille!

MALVl.NA .

Je le supporterai sans me plaindre , sans murmurer, et mon courage peut-être me rendra voire estime; mais lui, du moins... lui pardonnerez-vous aussi ?

M. Dllil'.ELlL.

Je voulais le bannir, le chasser de ces lieux, mais Arved a encore prié pour lui : et quant à la fortune , quant à l'avancement de ce... de ton mari , ce n'est pas moi , c'est lui qui s'en charge.

Arved ! 0 mon appui ! ô mon dieu tutélaire !

M. DIBRELIL.

Oui , voilà celui que tu as repoussé , que tu as dédaigné. Malheureuse enfant ! je t'avais donné le meilleur des amis et des époux , le modèle de toutes les vertus!

MALVISA.

Ah ! ne m'accablez pas , car , dussé-je en mourir de honte, vous connaîtrez toute l'étendue de mes maux. ( a voix basse. ) Je l'aime, mon père, je l'aime de toutes les forces de mon àme !

M. DLBREllL.

Tu l'aimes ! Ah ! le ciel est juste ! il te punit de ta désobéissance par le malheur de ta vie.

SCÈ.NE XIV.

LES précédents; CATHEROE et MARIE, tntiaut par h gauche.

MARIE

Ah, mon Dieu, mon oncle ! qu'est-ce que cela signifie ? cl quel est ce bruit qui se répand dans tout le château ?

CATHERIiNE.

On dit que mademoiselle Malvina est mariée?

MARIE

Et que ce n'est point à mon cousin Arved ?

CATHERINE

Où donc alors est ce nouvel époux ? et quel est-il ? SCÈNE XV.

LES PRÉCÉDENTS ; ARVED , entiaut par la dioilc.

CATHERINE

M. de Barentin.

Grand Dieu !

MARIE

M. de Barentin ?

ARVED.

Lui-même , que des considérations particulières avaient forcé jusqu'ici à cacher ce mariage, (bas, à M.Dubreuil) et qui, malgré le pardon que je lui ai promis en votre nom , n'ose encore se présenter devant vous.

MARIE, à Malvina, à demi-voix.

Oh ! ma cousine, que je suis fâchée maintenant de partir?

MALVINA , de même.

Sois tranquille, tune partiras pas.

M. DLBREUIL , à Malvina.

Je veux croire , comme me l'a assuré mou neveu , que M. de Barentin ne t'a épousée que par amour , et sans penser à ma forlune ?

Ah ! je vous l'atteste.

M. DUBRELIL.

C'est à sa conduite à me le prouver , et à mériter ce qu'un jour peut-être je ferai pour ma fille.

ARVED, passant CDtre M. Diibrenil cl Malvina.

Il a déjà commencé à se rendre digne de vous. Il a accepté la sous-lieutenance que je lui ai proposée. Nous marcherons ensemble désormais dans la même carrière , nous la parcourrons avec honneur; et quant aux torts de sa jeunessse , c'est sur le champ de bataille qu'il saura les réparer.

Ah, mon cousin ! je ne sais comment vous remercier, et je

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n'ai plus qu'un moyen de vous prouver ma reconnaissance, en m'occupant aussi de votre bonheur. Les vœux de votre père et du mien étaient de resserrer encore tous nos liens de famille; que cet espoir que j'ai déçu soit par vous réalisé, et que ma cousine Marie, que vous aimiez dès l'enfance... (M. Dubreuil va s'asseoir

auprès de la table. )

ARVEl).

Ah ! ce fut le rêve de mes jeunes années ! ce fut toujours mon unique pensée ! mon oncle vous le dira.

MARIE

0 ciel !

AnVED.

Mais je ne suis pas heureux , ma cousine , dans mes projets ni dans mes amours. Marie veut s'éloigner; elle veut quitter ces lieux au moment où j'arrive.

Vous croyez '.' Et moi j'ai idée que si vous la priez de rester...

ARVED, passant près de Marie.

Serait-il vrai ! Marie , ma cousine , toi que j'ai toujours regardée comme la compagne de ma vie, veux-tu combler mes plus chères espérances .^ (Malvina s'éloigne.)

MARIE, hors d'elle-même, et regardant Catherine.

Moi!

Oui , veux-tu accepter et mon cœur et ma main !■•

MARIE , à part.

Ah ! j'en mourrai de joie !

ARVED , à Malvina.

Vous voyez , elle hésite.

MARIE , vivement.

Non, mon cousin , non , j'accepte.

ARVED.

Il serait possible ! Toi, du moins, tu ne m'as donc pas repoussé? lu veux bien de mon amour.' Ah ! j'emploierai ma vie entière à t'en remercier , à prévenir tous les vœux, à embellir ces jours que tu veux bien me consacrer.

CATHERINE, à demi-\oix.

Et moi je ne puis souffrir son erreur ; je veux qu'il sache à quel point il est aimé.

30S MALVLNA.

MARIE , de même.

Tais-toi donc , je le lui dirai bien moi-même.

(On entend au dehors un prt Inde de contredanse.) M. DL'BKEtlL, se levant ; Malvina passe à sa droite.

Entendez-vous .' c'est ce bai , c'est lotit ce monde que j'avais invité pour un autre motif. Allons leur présenter les nouveaux mariés, et tous mes enfants; (il passe entre Aned et Marie, qu'il presse dans ses bras, et tend la main à Malvina, qui est à sa droite. A Arvcd )

car tu es toujours mon fils , n'est-il pas vrai ?

AP.VED, le serrant dans ses bras.

Oui , toujours.

M. DlBREtIL, essuyant une larme.

Ah ! c'est égal , ce n'est pas la même chose. Allons , n'y pensons plus. Venez t0US.(Tls vont pour sortir. )

MVI.A'IXA, seule, à gauche, la main appuyée sur ie dos du canapé , et regardant Arved, qui s'éloigne.

Ah ! je l'aimerai toute ma vie ! (La contredanse reprend plus fort.)

LOUISE

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