ACTE I, SCENE I
Carlsruhe je lui laisse une demande. Je sollicite, vous savez, ce qui a toujours été Tobjct de mes désirs , de mon ambition, des lettres de noblesse.
MADAME BARNECK.
Des lettres de noblesse !
SALSBACH.
Pourquoi pas ? Vous qui vous êtes enrichie dans le commerce , qui avez des millions , quiètes la première bourgeoise de la ville, vous n'aimez pas les grands seigneurs ni la noblesse; tous les industriels en disent autant , et demandent des cordons; mais moi, c'est différent, le titre de conseiller ou de baron fait bien pour les clients , cela les fait payer double , et rien que ce mot de, de Saisbach mis au bas d'une consultation , savez-vous ce que cela fera.^
MADAME BARNECK.
Cela allongera vos plaidoyers, el voilà tout.
SALSBACH.
.allons ; nous voila déjà en querelle.
MADAME EAKNECK.
Certainement , je ne trouve rien de plus ridicule que les gens qui achètent la noblesse.
SALSBACH.
Ne disputons pas là-dessus, surtout un jour d'arrivée, et daignez plutôt me présenter à votre aimable nièce, à votre tille d'adoption, la petite Louise , qui, depuis trois ans, doit être bien embellie.
MADAME BARSECK.
Grâce au ciel !
SALSBACH.
Je me rappelle les soins que vous preniez de son éducation ; vous ne la quittiez pas d'un instant , et vu que c'est votre seule parente, celle-là peut se vanter d'avoir un jour une belle fortune.
Air : On dit que je suis sans malice.
Que son sort est digne d'envie!
Élre à la fois riclie et jolie , C'est trop pour un seul pnHendant :
De nos jours on n'en veut pas laot.
L'un la prendrait pour sa richesse, Un autre pour sa gentillesse ; Ce qu'elle a pour faire un heureux Suilirait pour en faire deux.
Aussi quand elle se mariera...
312 LOUISE
MADAME nAUNECh, lui prenant la main d'un ton sulenuil. Elle se marie aujourd'hui, mon cher monsieur Salsbach.
SALSBVCH.
Qu'est-ce que vous m'apprenez là?
MADAME BAR.NECK, de mèrae.
Dans une heure.
SALSBACH.
Et vous ne me le disiez pas! et j'arrive exprès pour cela! J'espère , par exemple, que vous avez jeté les yeux sur ce qu'il y a de mieux, que sou époux est jeune, aimable et bien fait.
MADAME BAIîNECK.
Je ne sais, on le dit.
SALSBACH.
Comment! vous qui aimiez tant votre nicce, qui deviez être si difticile sur le choix de son mari , vous ne le connaissez pas !
MADAME BARNECR.
Je l'ai vu une fois; mais j'aurais peine à me le rappeler.
.SALSBACH.
Cependant quand il venait faire sa cour à votre nièce...
MADAME EAR:\ECK , s'anlmant.
Lui, venir ici 1 lui, mettre les pieds chez moi! Si cela lui était arrivé, s'il avait osé... !
SALSBACH.
Eh ! mon Dieu ! qu'est-ce que cela veut dire ? *
MADAME BAKNECK-
Ah ! mon cher monsieur Salsbach , pourquoi ctiez-vous absent.^ c'est dans une pareille affaire que vos conseils et votre expérience m'auraient été bien utiles.
SALSBACH.
Parlez, de grâce.