ACTE I, SCÈNE VI
MADAME BARNECK-
Comme ce n'eslpas moi qui suis la tiancce, je vais l'aire appeler ma nièce, (appuyant) madame la baronne de Malzen.
HALZEIS.
La baronne! ( Froidement. ) Non, madame, la présence de mademoiselle votre nièce est inutile ; c'est avec vous seule que je veux causer un instant, si vous consentez à m'entendre.
MADAME BARiNECK.
Oui, monsieur; avec calme, et sans vous interrompre : dùt-ii m'en coûter, je vous le promets.
(Ils s'asseyent.) MALZE.N , après un court silence.
Ce qui s'est passé, madame, a pu vous donner de moi une opinion assez défavorable; mais j'ose croire que lorsque vous me connaîtrez, vous méjugerez mieux. J'ai eu des torts, j'en conviens, et je ne les ai que trop expiés. C'est votre obstination qui a causé la mort de mon père.
MADAME BARNECK.
Quoi! monsieur...
MALZEN.
Oui, madame, voilà ce que je ne pardonnerai jamais. Jugez alors si je puis entrer dans votre famille, et si ce mariage n'est l)as impossible.
MADAME BARNECK.
Impossible, monsieur! Si c'est pour cela...
MALZEN.
Ah, madame ! vous m'avez promis de ne pas m'iuterrompre : oui, un mariage impossible ; car il ferait mon malheur, celui de votre nièce , et vous ne voudriez pas la punir aussi , en la forçant à épouser quelqu'un qu'elle n'aime point, et qui n'aura jamais d'amour pour elle.
MADAME BARNECK.
S'il y avait eu d'autres moyens...
MALZEN.
Il en est un , madame ; je vous dois uu aveu, et je le ferai, quelque pénible qu'il puisse être pour moi. Vous me croyez riche, vous vous trompez ; je ne le suis pas. Mon père ne m'a rien laissé que son nom et ses titres. Tout ce que je puis donc faire pour réparer mes torts , c'est de reconnaître mon fils , de lui donner ce nom , ces titres désormais mon seul bien. Et pour que vous soyez
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sûre que personne an monde ne pourra les lui disputer, je promets dès aujourd'hui de ne jamais me marier, de renoncer à toute alliance , et je suis prêt à en donner toutes les garanties que vous désirerez.
Air du Baiser au porteur.
Ma parole n'est pas trompeuse ,
Je vous le jure sur riionneur !
Que votre nièce soit heureuse;
Pour moi , je renonce au bonheur.
Ainsi , madame , et sans vainc chicane ,
Mon crime peut être effacé , Et l'avenir auquel je me condamne
Expiera les torts du passé.
Voilà, madame, la satisfaction que je vous offre.
M\D.\ME B\R\ECR, se levant.
Et moi, monsieur, je larefu-o...
MALZEN , se levant.
Madame !
MADAME EAU.XECK.
Mais, monsieur, la famille Barneck est riche, très-riche. Ce n'est ni la fortune , ni le titre d'un baron qui peut la satisfaire dans son honneur ; il lui faut mieux que cela.
MALZEN.
Oui , le baron lui-même.
MADAME BARNECK.
Un bon mariage, bien public, bien solennel.
MALZEN.
Un mariage ! toujours ce maudit mariage !
MADAME BAr.>ECR.
Et il se fera aujourd'hui , dans une heure.
MALZEX.
Mais je vous répète que je n'aime point votre nièce.
MADAME BARNECR.
Quand on se marie à l'amiable , cela peut être nécessaire; mais dans les mariages par arrêt de la cour, ou peut s'en passer.
Eh bien , madame ! apprenez donc la vérité : je l'abhorre ! je la déteste !
MADAME BARNECK.
Nous en avons autant à vous offrir ; mais quand la loi est là , il faut bien s'v soumettre.