SCÈNE XVI
DENNEVILLE; CAROLINE, en toilette de bal et ses diamants à la main. CAROLINE , entrant vivement.
Comment, monsieur ! dois-je en croire Gervault ? et cet écrin qu'il m'a apporté vient-il réellement... ?
nr.NNEVlLLE , d'un air de reproche.
De ma part ? Une simple galanterie , une attention de moi vous semble-t-elle donc une chose impossible ?
CAROLINE , embarrassée.
Non, vraiment! mais dans la circonstance où nous sommes...
DENNEVILLE.
Circonstance très-favorable : n'allez-vous pas au bal ce soir ?
CAROLINE
Oui, monsieur, et je ne sais comment vous remercier...
En les acceptant.
CAROLINE, hésitant.
Moi ?
DENNEVILLE.
Je VOUS en prie.
CAROLINE , à part, et tout en regardant les diamants.
Au fait , il est possible qu'il ait eu des remords , qu'il se soit repenti. Il faut de l'indulgence , et si ce n'était le souper de ce soir...
DENNEVILLE,
Hé bien, madame.^ Puisque vous l'exigez..
Dans mon intérêt.
Comment cela?
DENNEVILLE.
A ce bal , oîi vous allez sans moi...
SCRIDE.— T. ill.
CAROLINE
(Elle se place devant la psyché. )
DENNEVILLE.
CAROLINE
406 L\ SVXONDE ANNlX.
Air : Pour le trouver j'arrive en Allemagne («rVclva).
En vous voyant arriver sous les armes, J'entends déjà les compliments galants ;
La plupart seront pour vos charmes,
Quelques-uns pour vos diamants.
Astre brillant, vous allez apparaître 1 Et chaque fois que, plein d'un doux émoi , On s'écriera : Qu'elle est belle.' peut-être. Sans le vouloir, vous penserez à moi.
Quand on dira : Qu'elle est te/ /e .' peut-être. Sans le vouloir, vous penserez à moi.
(Pendant le coiipkt, Caroline a placé ses diamants, mis le collier, attaclié les boucles d'oreille. )
.le n'ai pas besoin tle cela ! ( Soupirant.) El souvent , au contraire, on désirerait oublier.
DENNEVILLE.
Que dites-vous ?
CAROLINE, se regardant devant la glace.
Rien. Comment me trouvez-vous ?
DENNEVILLE.
Ah ! vous n'êtes que trop jolie !
CAKOMNE.
Trop .^pourquoi?