ACTE I, SCÈNE VIII
voulez-vous donc me forcer à user de rigueur envers vous ?... Vous savez cependant tout ce que jusqu'ici je vous ai montré de l)ontés et de ménagetnent.
BALTHASAR, froidement.
Je le sais... Mais puisque madanae votre tante veut absolument que vous me chassiez...
LÉONIE, doucement.
Ai-je dit cela? y ai-je consenti?... Non pas que vous ne l'ayez mérité , peut-être.
BARTHASAR, avec colère.
Moi!...
LÉONIE , vivement, et avec crainte.
Ma tante du moins le croit... mais moi je n'ai point oublié que mon mari,... qu'Ernest vous chérissait,... que vous l'avez élevé... Et si je fais preuve encore aujourd'hui d'une trop longue indulgence,... c'est par égard pour lui.
BALTHASAR
Je l'en remercie, madame,... c'est cela de plus que je devrai à mon maître.
LKONIE.
Et à moi, Balthasar, ne croyez-vous rien me devoir ? '
BALTHASAR
Si, madame;... et pendant longtemps j'en ai été bien reconnaissant.
LÉOSIE.
Et pourquoi, depuis quelque temps, avez-vous changé? Pourquoi n'avez -vous plus pour ma tante et pour moi les égards que nous avons droit d'attendre ?
BALTHASAR
Si c'est ainsi, c'est malgré moi,... c'est sans le voidoir... Il est possible que je mesois trompé,... que j'aie tort... Je le voudrais,... et au prix de tout mon sang... '
LÉOME, se levant, et reprenant confiance.
Je ne vous comprends pas, Balthasar... Voyons, expliquez-vous sans crainte. Qu'y a-t-il?
BALTHASAR
Il y a, madame, que je chéris mon maître par-dessus tout;... que son père et lui nous ont comblés de bienfaits;... que moi et les miens nous sommes habitués à lui et à ce château, comme si nous eu dépendions; .. .nous sommes presque de sa famille :.. .et nous
dévouer pour lui n'est pas même un mérite , ni un devoir,... c'est notre vie , notre existence.
LtOME.
Je le sais... Eh bien?