LES PRÉCÉDENTS ; ERNEST
ERNEST, à la cantonade.
Je vous remercie , mes amis , des compliments que vous m'adressez , et auxquels je suis bien sensible.
BALTHASAR , à Léouie.
Vous avez voulu ,'madame , que ce fût un jour de bonheur pour tout le monde ; car, grâce à vous , mon maître me pardonne.
LÉONIE
Ah ! je l'en remercie.
BALTHASAR
Et moi , je n'ose vous dire ce que j'éprouve ; mais je vous chéris maintenant autant que mon maître ; je vous admire , je vous honore , je voudrais pouvoir vous servir à genoux.
JOSÉPHINE
Il a bien raison.
GRINCHEUX
Oui , sans doute.
LÉONIE
Assez, assez, mes amis. (A paît.) Je dois donc usurper leur estime à tous !
ER.NEST, (jui , après avoir remercié tout le monde, était venu sur le devant du théâtre avec madame Darmcntières.
Vous sentez bien , ma chère tante , que , ma nouvelle dignité m'imposant quelques devoirs , il faut d'abord se rendre à Paris.
MADAME DAr,MENTÙ:RES.
Certainement , il le faut. Nous irons avec vous ; nous vous accompagnerons , n'est-ce pas, ma nièce ?
EIl.NEST.
Dans ce moment , ce serait difficile , car un courrier que je reçois m'oblige à partir aujourd'hui ; mais auparavant j'ai quelques arrangements a prendre avec ma femme. Vous permettez...
MADAME I)AIi MENTI ÈRES.
Comment donc !
ER.NEST, allant à Léonic, et remmenant au bord du théâtre, pendant que madame Darmcntières, Balthasar, Joséphine et Grincheux restent au fond.
Cette ambassade qu'on me proposait , et que ce malin je voulais refuser, pour ne pas vous quitter, je viens de l'accepter; mais comme, avant de quitter son pays , il faut mettre ordre à ses affaires, (lui donnant un papier.) voici un acte que je remets entre vos mains , et qui contient mes volontés expresses.
LÉONIE
Je les suivrai , monsieur.
ERNEST
Il vous assure , dès ce moment , la moitié de ma fortune , et la
totalité après moi. (Léonic, faisant le geste de déchirer le papier. ) VoUS
n'êtes pas maîtresse de refuser ; vous m'avez juré d'obéir, et cette fois , du moins , tenez vos serments.
LÉOME , baissant la tète avec houle, et serrant le papier.
Ah , monsieur!
ERNEST, se tournant vers madame Darraentières, qu'il embrasse.
Je pars , adieu. (A part, et regardant Balthasar.) Et ce pauvre Balthasar, que cette fois je ne retrouverai plus. (Haut ) Et toi aussi, mon vieux et fidèle ami, embrassons-nous.
BALTHASAR
Ah . mon maître !