‹ Œuvres choisiesChapitre 429 sur 446 · HORTENSE, GEORGE · texte numérisé non relu

HORTENSE, GEORGE

GEORGE, étonné, et rcg:ar(lant sortir son oncle.

Qu'est-ce qu'il a donc , mon oncle ?

IIOF.TE.NSE,

Ce qu'il a, George? Il veut vous marier.

CEOP.GE.

Ail! c'est là ce qu'il appelle mon bonheur! J'espère du moins qu'il ne me rendra pas heureux malgré moi ; et comme je n'y cousens pas...

HORTENSE

Quoi! sans connaître celle qu'on vous destine?

GEORGE, avec amertume.

Je ne doute pas qu'elle ne soit riche, jeune, aimable, parfaite, en un iiîot : c'est vous qui avez daigné la choisir; mais quelle qu'elle soit, je la refuse, je n'en veux pas. Point d'amour, poiut de mariage, jamais. Je veux rester comme je suis.

HORTENSE

Vous êtes donc bien heureux?

GEORGE

Moi :... Je suis le plus malheureux des hommes.

HORTENSE , vivement.

Et pourquoi?

GEORGE

Je ne sais ; mie fièvre lente me consume et me tue. Sans espoir, sans avenir, cette vie, que je commence à peine , me semble déjà finie.

HORTENSE

Et quelle carrière , cependant , promet d'être plus brillante? Aimé, estimé de tous, les honneurs vous attendent, la gloire vous appelle , et le désir de servir votre pays n'excite-t-il pas votre ambition?

GEORGE

De l'ambition ! je n'en ai plus. A quoi bon acquérir de la gloire, des honneurs? Pour qui? A qui les offrir ? qui s'intéresse à moi ?

HORTENSE

Et nous, monsieur, nous, vos amis et vos parents ?

GEORGE

Oui, je le sais, vous m'aimez bien.

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