‹ Œuvres choisiesChapitre 64 sur 446 · ACTE II, SCL-Nt: II. G · texte numérisé non relu

ACTE II, SCL-Nt: II. G

CHWIGM.

Si vraiment, c'était bien mon idée; mais c'est que...

LE COMTi:.

Eh bien ! vous hésitez !

CIIWIG.M.

Non, sans doute; mais un pareil bonheur... un coup si inattendu, et dans la situation où je suis... je désire au moins un instant de réflexion.

C'est trop juste.

CUWir.M, i\ part.

Que vais-je faire ? lui avouer... quoi? que je ne sais rien , que je n'ai pas de secret , que je suis un sot ! Il est capable de ne pas me croire; et s'il me croit , c'est encore pire ; je perds son estime et tout espoir à la main de sa fille. Non , ma foi, conservons au moins l'honneur, c'est toujours cela de sauvé,

ISVBELLE.

Eh bien, monsieur ! répondez donc.

LE COMTE

Êtes-vous décidé ?

CHAVICM.

Oui, monsieur le comte. Placé entre le devoir et l'amour, j'ai été sur le point de céder à ce dernier ; mais le talent que vous m'accordez, le mérite que vous avez cru reconnaître en moi , je perdrais tout, si je disais un mot, et c'est pour rester digne de vous que j'ai résolu de me taire.

ISABELLiî.

0 ciel! que vieos-je d'entendre .^

LE COMTE

Refuser la main de ma fille, repousser mes bienfaits ! c'est indigne, c'est affreux. (A part.) C'est bien à lui... Je ne m'y attendais pas.

Air de la valse des Comédiens.

Mais qu'ai-je vu ? son altesse s'avance. Auprès du prince, à mon poste je cours.

(A Ciiavigni.) Entre nous deux , monsieur, plus d'alliance ; Mais mon estime est à vous pour toujours !

(A part. ) Déjà chez lui tant d'aplomb et d'adresse ;

Il faut, nioi'])lru! l'observer avec soin; Pour parvenir, immoler sa tendresse :

,Tp me trompais , ce jeune liomme ira loin. Ensemble.

LE COMTF..

Dans ce salon son allesse s'avance, etc.

cii\vk;m.

J'avais raison de garder le silence; Il me sert mieux que les plus beaux discours. De le fléchir je garde l'espérance , Car son estime est à moi pour toujours.

ISABELLE

Ah ! c'est affreux! Peut-on , lorsque J'y pense, A sa fortune immoler ses amours !

Oui, pour mon cœur il n'est plus d'espérance; Je l'abandonne , hélas ! et pour toujours. ( Le comte sort ; Isahi'lle se dispuse à le suivie , Cliavigni la retient , et la ramène snr le devant de la scène.)

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