IS\B"LLE
Cependant, monsieur, cette conférence, cette entrevue secrète que vous avez eue ce matin avec le prince, et que mon père ne peut s'expliquer...
CHAVIGM.
Je le crois bien ; car moi qui y ai assisté , je ne comprends pas encore ce que nous nous sommes dit. Son altesse m'a adressé à la hâte quelques compliments sur mon arrivée, sur la mission dont j'étais chargé, et puis m'a remis sur-le-champ ces deux portraits , que voici.
ISABELLi:.
Vraiment !
CHAVIGM.
Et qu'il ne tient qu'à vous d'examiner. Vous en savez mainle- )iant autant que moi.
ISABELLE
Voyons vite.
CHAVICNI.
Des diamants superbes, et deux jolies femmes, n'est-il pas vrai ? Par malheur, je ne les connais pas.
ISABELLE
Je le crois bien... L'une est une parente du roi de Saxe, et l'autre la cousine de notre souverain. Et pourquoi vous les a-t-on remis?
72 h\L DIPLOMATE.
cii.\vi(;m.
Je vous ferai encore la même réponse , je l'ignore. Son altesse m'a seulement dit : Remeltez-les à qui vous savez. Et comme je ne savais pas, ils sont restés entre mes mains. Mais, d'après ce que vous me dites, je devine maintenant que c'est un cadeau qu'il voulait faire à nos deux ambassadeurs; parce qu'au fait, le portrait de leur souveraine... Ce présent peut flatter votre père, lui être agréable... cela pourrait peut-être nous remettre bien ensemble. Daignez vous on cbargor, et dites-lui que c'est moi , moimême, qui, de la part du prince, lui envoie ce portrait.
ISABELLE
J'y vais à l'instant. Mais vous me promettez bien que vous n'êtes diplomate que par hasard, et sans que cela tire à conséquence.
CMAVIGM.
Je vous le jure.
ISABELLE
Que vous ne serez jamais un homme d'État, un homme de talent.
CHAVIGM.
Je vous le promets. Vous savez bien que je n'ai rien à vous refuser.
ISABELLE
A la bonne heure. Je vais trouver mon père , cl puis je reviens car vous n'avez pas oublié notre contredanse.
CHAVIGM.
Je n'oublie jamais les choses essentielles.
(Kllesort.)