LA MARQUISE, RODOLPHE, CHAVIGNI
KODOLPHE , à !a marquise en entrant.
Oui , vous ne vous en doutiez pas , l'orage esc sur le point d'éclater... nous sommes perdus. (Apercevant Chavigni. ) Ah, mou Dieu ! c'est Chavigni ! Comment , malheureux ! vous êtes encore ici?
76 Li: DIPLOMATi:.
ciiwir.M.
Oui , mon prince.
lionou'iir..
Ignorez-vous les dangers qui nous menacent tous ?
CHWir.NI.
C'est pour cela que je reste.
LA MAiiOi'iSE, courant à lui.
Ah, monsieur ! cela ne m'étonne pas de vous. Nous avons donc encore un ami sur lequel nous pouvons compter... cnwiG.M.
A la vie et à la mort. ( A part. ) Ces pauvres gens ! Je me ferais tuer pour eux. Il parait que la marquise est aussi de la conspiration.
P.ODOLI'IIK.
Vous savez cependant que le grand-duc est furieux contre vous.
CHVVIGNI.
Contre moi ?
RODOLPHE
Et comme vous n'avez aucun caractère diplomatique , comme vous n'êtes point accrédité auprès de lui... il peut, sans manquer au droit des gens, vous faire jeter dans quelque prison d'État, d'où je ne serais pas sûr de vous retirer.
cnWIO.M , à part.
Ali , mon Dieu !
L\ MAROllSE.
VA qu'a-t-il donc fait P
cn.vviGM.
C'est ce que je me demande.
IIODOLPHE.
.Si au moins vous m'eussiez prévenu : mais de vous-même... tenter un coup aussi audacieux. Vous savez bien que , placés entre deux puissances qu'il faut également ménager, notre seul espoir était de gagner du temps, en les opposant l'une à l'autre.
LA MARQIILSE.
C'était notre plan.
RODOLPHE
C'était le plus sage. Eh bien! il a tout rompu... Il a frappé un grand coup... Il a congédié , en mon nom , l'envoyé de Saxe et celui d'Espagne, qui, tous les deux, sont furieux.
LA MARQl'ISE, avec effroi.
0 ciel ! il aurait osé... ( Avec fermeté. ) Eh bien ! il a eu raison.