SIMONIDE
Un athlète, vainqueur, pour chanter sa victoire, Offrit à Simonide un prix.
Simonide s'enferme et, l'éloge promis Lui semble un vil sujet. Pour rehausser sa gloire,
Il l'enrichit d'ornements étrangers, Peint les brillants gémeaux de la voûte céleste ; Par leurs travaux, leurs combats, leurs dangers, Il tâche d'ennoblir le reste.
L'ouvrage plut : mais, malgré ses beautés, Les deux tiers de son prix retranchés par l'athlète. « Qui me les payera? » s'écriait le poète. « Les deux dieux, lui dit-il, que ta muse a chantés. Si tu n'es point fâché, viens souper, je te prie, Avec tous mes parents ce soir ; Comme un d'entre eux je te convie. »
Pour cacher sa douleur, il va se faire voir
Chez l'athlète à l'heure marquée.
Tout est riant, tout brille en ces riches lambris \
Ils résonnent de mille cris.
Des mets les plus exquis la table est couronnée. Mais, tout à coup voilà qu'aux esclaves servants,