‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 25 sur 139 · PREMIÈRE PARTIE. gj · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. gj

je lui ressemble. Quelle grandeur, qui tient de l'inflni f Voilà le trait de la Divmjté même. C'est une espèce de puissance divine que i ai sur eTsipTss'ani."'''' ''"''"'' qu'une simple image de cet Le 11 liSe L'image de l'indépendance divine n'est pas la réalité de pp anVii. représente; ma liberté n'est qu'une ombre de celle d ce prer^.e'r être par qu, je suis et par qui j'agis. D'un côté, le pouvoir que ^ai de vou loir mal est moins un vrai pouvoir qu'une foiblesse et une fragU té 1 mon vouloir : c'est un pouvoir de déchoir, de me dégrader de dim nuer mon degré de perfection et d'être. D'un autre côté,°le pouvoir q^ef a de bien vouloir n'est point un pouvoir absolu, pui que je ne l'ai noin de moi-même. La liberté n'étant donc autre Xse^e ce pou'^^^^^^^ pouvoir emprunté ne peut faire qu^une liberté empruntée et dZ;n. dante. Un être si imparfait et si emprunté ne peut donc être aue dé pendant. Comment est-il libre? Quel profond mvstère! Sa libertTdont

il^dCtife^orr"^^ '' '''''-''-' - "^^^-^-- --eîe Nous ^-enons de voir les traces de la Divinité, ou . pour mieux dire le sceau de Dieu même, dans tout ce qu'on appelle les ouvrage^de la nature Quand on ne veut point subtiliser, on remrque du premTrcou^^^^^^ une mam qui est le premier mobile dans toutes les partiS l'uSs Les cieux aterre, les astres, les plantes, les animaux,'nos corps no "nt/ tout marque un ordre, une mesure précise, un art, une sa^.se un esnriî supéneur à nous, qui est comme l'àme du monde entiet et'q'^ mène

ante 4o' .'''' "''' ""' ^°^'^ ^''''' '' ^^^^^-^le, mais toute-puis! santé. Aous avons vu, pour ainsi dire, l'architecture de l'univers la

i^m rrT'' ^' ''''''' ''' P^^^^^^' '' ^' ^^^Ple coup d'œil nous a suffi partout pour trouver dans une fourmi, encore plus que dans le soleil une sagesse et une puissance qui se plaît à éclater en faconnan<

ux tme^TTn- '■"^' ^^ ''' '' ^^^^^'^^ ^'^^-^ sans di'uTsLn les secr^rdM^nh '° ?''''• ^"' ''''''-'' '' °°^^ ^^^^i°^^ dans

mernP dp, ' ^"P^^^^^^"^' '^ '' ^^^^ faisions la dissection des parties interne, des animaux, pour y trouver la plus parfaite mécanique?

Chap. IIL — Réponse aux objections des Épicuriens.

courTlur'l'rr*"''^w^°'?P^'' ^^^ ^^ ^^P^^^^^t que tout ce discours sur lart qui éclate dans toute la nature, n'est qu'un sophisme

L?;rai!'m;l°t ''"'^'"' ?' '''''''-'''^ ^^ à'i'usage'de l'homte U ar nnnV l^,t L H i>î '°°'^^'' ^'^ ^ P^°P°^ ^1^'^"^ ^ été faite a;ec ar pour 1 usage de l'homme. C'est être ingénieux à se tromper soimême pour trouver ce qu'on cherche, et quine fut jamais II e^tVra continueront-ils, que l'industrie de l'homme se ser't d'une mânitlde choses que lanature lui fournit, et qui lui sont commodes: mais la

ex m'nle dp'rî, "'-'^''-''^^'^ ''' '""'^'^ pour sa commodi" P r Sf rip' ^^'°'' f'^'P'^' ^'"^ ^'' i^^'' P^^ «^^^taines pointes

de rochers au sommet d'une montagne; il ne s'ensuit pas néanmoins que ces pointes de rochers aient été taillées avec art comme un^s a-

52 DE l'existence de dieu.

lier pour la commodité des hommes. Tout de même, quand on est à la campagne pendant un orage, et qu'on rencontre une caverne, on s'en se'^t comme d'une maison, pour se mettre à couvert : il n'est pourtant pas vrai que cette caverne ait été faite exprès pour servir de maison aux hommes. Il en est de même du monde entier : il a été formé par le hasard et sans dessein; mais les hommes, le trouvant tel qu'il est, ont eu l'invention de le tourner à leurs usages. Ainsi l'art que vous voulez faire admirer dans l'ouvrage et dans son ouvrier n'est que dans les hommes, qui savent après coup se servir de tout ce qui les environne. » Voilà sans doute la plus forte objection que ces philosophes puissent faire; et je crois qu'ils ne peuvent point se plaindre que je l'ai affoiblie. Mais nous allons voir combien elle est foible en elle-même, quand on l'examine de près : la simple répétition de ce que j'ai déjà dit suffira pour le démontrer.

Que diroit-on d'un homme qui se piqueroit d'une philosophie subtile, et qui , entrant dans une maison , soutiendroit qu'elle a été faite par le hasard, et que l'industrie n'y a rien mis pour en rendre l'usage commode aux hommes, à cause qu'il y a des cavernes qui ressemblent en quelque chose à cette maison, et que l'art des hommes n'a jamais creusées? On montreroit à celui qui raisonneroit de la sorte toutes les parties de cette maison, a Voyez-vous, lui diroit-on, cette grande porte de la cour? elle est plus grande que toutes les autres, afin que les carrosses y puissent entrer. Cette cour est assez spacieuse pour y faire tourner les carrosses avant qu'ils sortent. Cet escalier est composé de marches basses, afin qu'on puisse monter sans eff"orts; il tourne suivant les appartements et les étages pour lesquels il doit servir. Les fenêtres, ouvertes de distance en distance, éclairent tout le bâtiment; elles sont vitrées, de peur que le vent n'entre avec la lumière ; on peut les ouvrir quand on veut, pour respirer un air doux dans la belle saison. Le toit est fait pour défendre tout le bâtiment des injures de l'air. La charpente est en pointe, afin que la pluie et la neige s'y écoulent facilement des deux côtés. Les tuiles portent un peu les unes sur les autres, pour mettre à couvert les bois de la charpente. Les divers planchers des étages servent à multiplier les logements dans un petit espace, en les faisant les uns au-dessus des autres. Les cheminées sont faites pour allumer du feu en hiver sans brûler la maison, et pour faire exhaler la fumée sans la laisser sentir à ceux qui se chauff"ent. Les appartements sont distribués de manière qu'ils ne sont point engagés les uns dans les autres; que toute une famille nombreuse y peut loger, sans que les uns aient besoin de passer par les chambres des autres; et que le logement du maître est le principal. On y voit des cuismes, des offices, des écuries, des remises de carrosses. Les chambres sont garnies de lits pour se coucher, de chaises pour s'asseoir, de tables pour écrire et pour manger. .

a II faut, diroit-on à ce philosophe, que c^t ouvrage ait été conduit par quelque habile architecte; car tout y est agréable, riant, proportionné, commode : il faut même qu'il ait eu sous lui d'excellents ouvriers. — Nullement, répondroit ce philosophe; vous êtes ingénieux à vous trom-

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