‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 59 sur 139 · SUR LA VIE INTÉRIEURE · texte numérisé non relu

SUR LA VIE INTÉRIEURE

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Je veu, montrer combien ces saints auteurs Tout 'él^™ de bW

le dogme de la foi et de favoriser l'illusion. Je veux montrer aux mystiques que je n'affoiblis rien de tout ce qui est autorisé par les expériences et par les maximes de ces auteurs, qui sont nos modèles. Je veux les engager par là à me croire quand je leur ferai voir les bornes précises que ces mêmes saints nous ont marquées, et au delà desquelles il n'est jamais permis d'aller. Les mystiques à qui je parle ne sont ni des fanatiques, ni des hypocrites qui cachent sous des termes de perfection le mystère d'iniquité. À Dieu ne plaise que j'adresse la parole de vérité à ces hommes qui ne portent point le mystère de la foi dans une conscience pure! ils ne méritent qu'indignation et horreur. Je parle aux mysticjues simples, ingénus et dociles. Ils doivent savoir que l'illusion a toujours suivi de près les voies les plus parfaites. Dès l'origine du christianisme, les faux gnostiques, hommes exécrables, voulurent se confondre avec les vrais gnostiques, qui étoient les contemplatifs et les plus parfaits d'entre les chrétiens. Les béguards ont imité faussement les contemplatifs de ces derniers siècles, tels que saint Bernard, Richard et Hugues de Saint-Victor. Bellarmin remarqu* que les expressions des auteurs mystiques ont été souvent cri-tiquées sur des équivoques. Il arrive d'ordinaire, dit-il', à ceux qui écrivent delà théologie, mystique, que leurs expressions sont blâmées par les uns et louées par les autres, parce qu'elles ne sont pas prises par tout le monde dans le même sens. Le cardinal Bona dit aussi ' que ceux qui sont dans la contemplation passive sont les moins habiles pour s'exprimer, mais les plus excellents da7is la pratique et dans V expérience. En effet, rien n'est si difficile que de faire bien entendre des états qui consistent en des opérations si simples, si délicates, si abstraites des sens, et de mettre toujours en chaque endroit tous les correctifs nécessaires pour prévenir l'illusion, et pour expliquer en rigueur le dogme théologique. Voilà ce qui a scandalisé une partie des lecteurs qui ont lu les livres des mystiques, et qui a jeté dans l'illusion plusieurs autres de ces lecteurs. Pendant que l'Espagne était remplie, dans le siècle passé, de tant de saints d'une grâce merveilleuse, les illuminés furent découverts dans l'Andalousie et rendirent suspects les plus grands saints. Alors sainte Thérèse, Balthazar Alvarez et le bienheureux Jean de la Croix, eurent besoin de se justifier. Rusbrok, que Bellarmin appelle un grand contemplatif, et Taulère, cet homme apostolique si célèbre dans toute l'Allemagne, ont été défendus, l'un par Denis le Chartreux, l'autre par Blosius. Saint François de Sales n'a pas été exempt de contradiction; et les critiques n'ont point su connoître combien il joint une théologie exacte et précise avec une lumière de grâce qui est très-éminente. Il a fallu une apologie au saint cardinal de Bérulle. Ainsi la paille a souvent obscurci le bon grain, et les plus purs auteurs de la vie intérieure ont eu besoin d'explication, de crainte que des expressions prises dans un mauvais sens n'altérassent la pure doctrine.

Ces exemples doivent rendre les mystiques sobres et retenus. S'.li

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