RÉPONSE DE M. BERGERET
directeur de l'académie.
Monsieur ,
Le public, qui sait combien l'Académie françoise a perdu à la mort de M. Pellisson, n'a pas plus tôt ouï nommer le successeur qu'elle lui donne, qu'en même temps il l'a louée de la justice de son choix, et de savoir si heureusement réparer ses plus grandes peites.
Celle-ci n'est pas une perte particulière qui ne regarde que nous; toute la république des lettres y est intéressée, et nous pouvons nous assurer que tous ceux qui les aiment regretteront notre illustre confrère.
Les ouvrages qu'il a faits, en quelque genre que ce soit, ont toujours eu l'approbation publique, qui n'est point sujette à la flatterie, et qui ne se donne qu'au mérite.
Ses poésies, soit galantes, soit morales, soit héroïques, soit chrétiennes, ont chacune le cara tère naturel qu'elles doivent avoir, avec un tour et un agrément que lui seul pouvoitleur donner.
C'est lui aussi qui, pour faire naître dans les autres et pour y perpétuer, à la gloire de notre nation, l'esprit et le feu de la poésie qui brilloit en lui, a toujours donné, depuis vingt ans, le prix des vers qui a été distribué par l'Académie.
Tout ce qu'il a écrit en prose sur les matières les plus différentes a été généralement estimé.
L' Histoire de V Académie françoise, par où il a commencé, laisse dans l'esprit de tous ceux qui la lisent, un désir de voir celle du roi qu'il a depuis écrite, et que dès lors on le jugea capable d'écrire.
Le panégyrique du roi, qu'il prononça dans la place où j'ai 1 honneur d'être, fut aussitôt traduit en plusieurs langues, à l'honneur de la nôtre.
La belle et éloquente préface qu'il a mise à la tête des œuvres de Sarazin, si connue et si estimée, a passé pour un chef-d'œuvre en ce genre-là.