PRÉFACE
iYl. l'archevêque de Cambrai a fait les dialogues et les fables qu'on donne ici au public , dans le même dessein que son Télémaque , pour l'éducation d'un jeune prince. Il les lui composoit surle-champ selon ses divers besoins , tantôt pour corriger d'une manière douce et aimable ce que son naturel avoit de défectueux , tantôt pour confirmer en lui ce qu'il y avoit de bon et de grand, tantôt enfin pour lui insinuer par des instructions familières à la portée de son âge les plus sublimes maximes de la bonne politique et de la morale. Tandis qu'il formoit ainsi son goût , son cœur et son esprit, il lui apprenoit en même temps la fable et l'histoire, avec les caractères des grands hommes de l'antiquité et des temps plus proches que nous. Par là il unissoit les pré- III. I
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ceptes et les exemples , lui peignoit la vertu d'une manière sensible et intéressante , et lui montroit qu'elle n'étoit pas seulement belle et aimable dans la spéculation, mais encore que la pratiqua n'en étoit point au dessus des forces de l'homme , et que c'étoit par . elle seule qu'un roi pouvoit arriver à la véritable gloire et au vrai bonheur.
Le style de ces dialogues et de ces fables se trouvera diversifié selon que le demandoiept les besoins , les divers goûts, et les humeurs du prince pour qui on les composoit. L'auteur, tantôt sublime et grave comme Platon , en a toute la force et la sagesse ; tantôt , par un badinage ingénieux ^ il emploie la légèreté et la délicatesse de Lucien; quelquefois simple et naïf, il se proportionne à l'enfance ; d'autres fois noble et élevé , ses préceptes sont dignes des plus grands esprits. La sa» gesse prend ici toutes les formes; mais elle est toujours accompagnée de grâces insinuantes.