‹ Œuvres choisies illustratees par Leopold LacourChapitre 12 sur 292 · ENCORE A TOI · texte numérisé non relu

ENCORE A TOI

A TOI ! TOUJOURS A TOI ! — Que chanterait ma lyre?

A toi l'hymne d'amour ! à toi l'hymne d'hymen'

Quel autre nom pourrait éveiller mon délire ?

Ai- je appris d'autres chants ? sais- je un autre chemin ?

C'est toi dont le regard éclaire ma nuit sombre ;

Toi, dont l'image luit dans mon sommeil joyeux

C'est toi qui tiens ma main quand je marche dans l'ombre,

Et les rayons du ciel me viennent de tes yeux

Mon destin est gardé par ta douce prière ; Elle veille sur moi quand mon ange s'endort ; Lorsque mon cœur entend ta voix modeste et ficre. Au combat de la vie il provoque le sort.

I. Le jeune poète avait épousé en octobre 1822 une jeune fille qu'il aimait passion nément : M''' Adèle Foucher.

N'est-il pas dans le ciel de voix qui te réclame ? N'es-tu pas une fleur étrangère à nos champs ? Sœur des vierges du ciel, ton âme est pour mon âme Le reflet de leurs feux et l'écho de leurs chants !

Quand ton œil noir et doux me parle et me contemple,

Quand ta robe m'effleure avec un léger bruit.

Je crois avoir touché quelque voile du temple,

Je dis comme Tobie : — Un ange est dans ma nuit I —

Lorsque de mes douleurs tu chassas le nuage. Je compris qu'à ton sort mon sort devait s'unir, Pareil au saint pasteur, lassé d'un long voyage. Qui vit vers la fontaine une vierge venir !

Je t'aime comme un être au-dessus de ma vie, Comme une antique aïeule aux prévoyants discours. Comme une sœur craintive à mes maux asservie, Comme un dernier enfant qu'on a dans ses vieux jours.

Hélas ! je t'aime tant qu'à ton nom seul je pleure ; Je pleure, car la vie est si pleine de maux ! Dans ce morne désert tu n'as point de demeure. Et l'arbre où l'on s'assied lève ailleurs ses rameaux.

Mon Dieu ! mettez la paix et la joie auprès d'elle. Ne troublez pas ses jours, ils sont à vous. Seigneur I Vous devez la bénir, car son âme fidèle Demande à la vertu le secret du bonheur.

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