‹ Œuvres choisies illustratees par Leopold LacourChapitre 146 sur 292 · XIV. — Après souper · texte numérisé non relu

XIV. — Après souper

Cependant, par degrés.

Le narcotique éteint ses yeux d'ombre enivrés ; Zéno l'observe, un doigt sur la bouche ; elle penche La tête, et, souriant, s'endort, sereine et blanche.

Zéno lui prend la main qui retombe.

« Elle dort \ Dit Zéno ; maintenant, vite, tirons au sort. D'abord, à qui l'état? Ensuite, à qui la fille? »

Dans ces deux profils d'homme un œil de tigre brille.

Ils jouent aux dés le marquisat et la marquise ; Joss gagne le marquisat, et Zéno s'en félicite, parce qu'il pourra faire de la marquise, son bien, « un cadavre ». Ne l'a-t-elle pas insulté tout à l'heure en l'appelant : « Petit ! » Et puis tous deux l'aiment, cette « poupée », et cet amour, tôt ou tard, les mettrait aux prises. " Nous l'aimons, tuons-la », conclut Zéno,'qui, alors,

Pousse un coin de tapis, tâte, prend un anneau,

Le tire, et le plancher se soulève ; un abîme

S'ouvre ; il en sort de l'ombre ayant l'odeur du crime ;

Joss marche vers la trappe, et, les yeux dans les yeux,

Zéno muet la montre à Joss silencieux ;

Joss se penche, approuvant de la tête le gouffre.

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