‹ Œuvres choisies illustratees par Leopold LacourChapitre 164 sur 292 · UNE ALCOVE AU SOLEIL LEVANT · texte numérisé non relu

UNE ALCOVE AU SOLEIL LEVANT

L'HUMBLE CHAMBRE a l'air de sourire

Un bouquet orne un vieux bahut ;

Cet intérieur ferait dire

Aux prêtres : Paix! aux femmes : Chut!

Au fond une alcôve se creuse.

Personne. On n'entre ni ne sort.

Surveillance mystérieuse !

L'aube regarde ; Un enfant dort.

Une petite en ce coin sombre Etait là dans un berceau blanc, Ayant je ne sais quoi dans l'ombre, . De confiant et de tremblant.

Elle étreignait dans sa main calme Un grelot d'argent qui penchait ; L'innocence au ciel tient la palme.

Et sur la terre le hochet.

Comme elle sommeille ! Elle ignore Le bien, le mal, le cœur, les sens.

Son rêve est un sentier d'aurore Dont les anges sont les passants.

Son bras, par instants, sans secousse, Se déplace, charmant et pur ; Sa respiration est douce Comme une mouche dans l'azur.

Le regard de l'aube la couvre ; Rien n'est auguste et triomphant Comme cet œil de Dieu qui s'ouvre Sur les yeux fermés de l'enfant.

Page 1