LYRNESSI DOMUS ALTA, SOLO LAURENTE SEPULCRUM
Siège de Paris. Décembre 1870.
LIVRÉE A TOUS LES VENTS qui descendent du pôle, Mon île est au milieu de la mer, et la Gaule
S'y fait chêne et granit ; Elle est la grande roche altière et combattante. Et le tonnerre y vient comme un roi dans sa tente,
Comme un aigle à son nid.
Jeté là par l'exil, mon vieil ami sévère, Regardant l'éclair luire aux cieux que je révère
Comme un âpre athagan.
J'ai souvent fart ce rêve : avoir ma sépulture Dans cette formidable et fai^ouche nature ;
Dormir dans l'ouragan.
Mais aujourd'hui qu'un souffle inconnu me rapporte Dans ce Paris qui voit la bataille à sa porte
Et qui se tient debout.
Dans ce Paris où tout frémit, où rien ne tremble, Qui s'emplit d'une pourpre immense et qui ressemble
A l'urne où l'airain bout,
Je voudrais bien mourir sur ces remparts célèbres, Afin qu'un jour je puisse, à travers les ténèbres,
Murmurer : « G guerriers !
J'ai" ma haute maison où s'abat la colombe, Où vient l'aigle, au pays des chênes, et ma tombe
Au pays des lauriers ».
I. « Une haute maison à Lymesse, un tombeau orné de laurier?. »
D RAM ES EN VERS Extraits suivis
La Préface et le drame.
« Il est évident que ce drame, dans ses proportions r\ K^ actuelles, ne pourrait ^Encadrer dans nos représentations ^^'^^^ scéniques. Il est trop long. » Ainsi parlait Victor Hugo ^ en publiant (décembre 1827) ce Cromwell en cinq actes et en vers, qui ne pourrait être joué que si une main savante et pieuse y pratiquait les coupures nécessaires. Cromwell n'a pas moins de six mille cinq cents vers ! . . . Le poète l'avait bien, « dans toutes ses parties. CDm posé pouT-ia— scènfî », mais, déclarait-il encore, il l'avait écrit en se livrant « libre et-dûdie-aux fantaisies de la composition , an j2lajsjj^lelajiérouler à plus largpc; plk 2»^ Pourquoi ? Parce qu'en étudiant son sujet, « jT reconnut ou cxiit reconnaitre Timpossibilité-d'en, faire admettre une j:£prodiiction fidèle sur notre théâtre,... entre le Charybde académique ëFTë"Scylla admmistra'tif, entre les juges littéraires et la censure politique ^. Tj fallait opter ^i-mi In fr-agàdie patdilie, sournoise, fausse, et jouée^ chi le-drame insolemment vrai^et banni. La première chose ne valait pas la peine H' être TâltéTlTapréféré tenter la^^ » Victor
Hugo ajoutait du "^ reste — et le trait finarne manquait pas d'esprit : — « S'il arrivait que la censure dramatique, comprenant combien cette, jugoçente. exacte. et , consciëncTeûsè"inrajg:e de~€rom"well et de son temps est prise en dëhors-de-JiQtre époque, lui permît l'accès du théâtre, l'auteur, mais dans ce cas seTineî5ent,2qurr ait extraire de ce