‹ Œuvres choisies illustratees par Leopold LacourChapitre 281 sur 292 · DON SALLUSTE · texte numérisé non relu

DON SALLUSTE

C'est un assassinat !

Crois-tu ?

DON SALLUSTE, désarmé, et jetant un regard plein de rage

autour de lui.

Sur ces murailles Rien!,., pas d'arme!

[A Ruy Blas.)

Une épée au moins!

Marquis, tu railles !

Maître ! est-ce que je suis un gentilhomme, moi ?

Un duel ! fi donc ! je suis un de tes gens à toi,

Valetaille de rouge et de galons vêtue,

Un maraud qu'on châtie et qu'on fouette, — et qui tue !

Oui, je vais te tuer, monseigneur, vois-tu bien ?

Comme un infâme ! comme un lâche 1 comme un chien !

LA REINE

Grâce pour lui !

RUY BLAS, à la reine, saisissant le marquis»

Madame, ici chacun se venge.

Le démon ne peut plus être sauvé par l'ange I

LA REINE, à genoux.

Grâce !

DON SALLUSTE, appelant.

Au meurtre ! au secours !

RUY BLAS, levant Vépée.

As-tu bientôt fini ?

DOjsr SALLUSTE, se jetant sur lui en criant. Je meurs assassiné ! Démon !

RUY BLAS, le poussant dans le cabinet.

Tu meurs puni !

{Ils disparaissent dans le cabinet, dont la porte se referme sur eux.)

LA REINE, restée seule, tombant demi-morte sur le fauteuil.

Ciel !...

(Un moment de silence. Rentre Ruy Blas,pâle, sans épée.]

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