‹ Œuvres choisies illustratees par Leopold LacourChapitre 57 sur 292 · PASSE · texte numérisé non relu

PASSE

C'ÉTAIT UN GRAND CHATEAU du temps de Louis Treize.

Le couchant rougissait ce palais oublié.

Chaque fenêtre au loin, transformée en fournaise.

Avait perdu sa forme et n'était plus que braise.

Le toit disparaissait, dans les rayons noyé.

Sous nos yeux s'étendait, gloire antique abattue. Un de ces parcs dont l'herbe inonde le chemin, Où dans un coin, de lierre à demi revêtue. Sur un piédestal gris, l'Hiver, morne statue, Se chauffe avec un feu de marbre sous sa main.

O deuil ! le grand bassin dormait, lac solitaire.

Un Neptune verdâtre y moisissait dans l'eau.

Les roseaux cachaient l'onde, et l'eau rongeait la terre.

Et les arbres mêlaient leur vieux branchage austère,

D'où tombaient autrefois des rimes pour Boileau.

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