L'Enfer ou plutôt les Enfers mythologiques
2. Le lac Averne, en Italie, près de Naples, était regardé comme l'entrée des Enfers.
2G0 — Il LEGEXDE DES SiLCLES. 1
Démesuré, plus grand d'abord que Polyphème*.
Puis plus grand que Typhon - qui hurle et qui blasphème.
Et qui heurte ses poings ainsi que des marteaux.
Puis plus grand que Titan, puis plus grand que l'Athos ^ ;
L'espace immense entra dans cette forme noire ;
Et, comme le marin voit croître un promontoire,
Les dieux dressés voyaient grandir l'être effrayant ;
Sur son front blêmissait un étrange orient ;
Sa chevelure était une forêt; des ondes,
Fleuves, lacs, ruisselaient de ses hanches profondes ;
Ses deux cornes semblaient le Caucase et l'Atlas ;
Les foudres l'entouraient avec de sourds éclats ;
Sur ses flancs palpitaient des prés et des campagnes,
Et ses difîormités s'étaient faites montagnes ;
Les animaux, qu'avaient attirés ses accords,
Daims et tigres, montaient tout le long de son corps ;
Des avrils tout en fleur verdoyaient sur ses membres;
Le pH de son aisselle abritait des décembres ;
Et de^ peuples errants demandaient leur chemin,
Perdus au carrefour des cinq doigts de sa main.
Des aigles tournoyaient dans sa bouche béante ;
La lyre, devenue en le touchant géante.
Chantait, pleurait, grondait, tonnait, jetait des cris;
Les ouragans étaient dans les sept cordes pris
Comme des moucherons dans de lugubres toiles ;
Sa poitrine terrible était pleine d'étoiles.
Il cria :
'' L'avenir, tel que les cieux le font, C'est l'élargissement dans l'infini sans fond, C'est l'esprit pénétrant de toutes parts la chose 1 On mutile l'effet en hmitant la cause ; Monde, tout le mal vient de la forme des dieux. On fait du ténébreux avec le radieux ; Pourquoi mettre au-dessus de l'Etre des fantômes? Les clartés, les éthers ne sont pas des royaumes. Place au fourmillement éternel des cieux noirs. Des cieux bleus, des midis, des aurores, des soirs ! Place à l'atome saint, qui brûle ou qui ruisselle ! Place au rayonnement de l'âme universelle !