‹ OEuvres choisies illustréesChapitre 16 sur 293 · ITI · texte numérisé non relu

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Que fais -tu maintenant ? Près du foyer sans doute La carte est déployée, et ton œil suit ma route ; Tu dis : Où peut-il être ? Ah ! qu'il trouve en tous lieux De tendres soins, un cœur qui l'estime et qui l'aime, Et quelque bonne hôtesse, ayant, comme moi-même. Un être cher sous d'autres cieux !

« Comme il s'éloigne vite, hélas ! J'en suis certaine.

Il a déjà franchi cette ville lointaine,

Ces forêts, ce vieux pont d'un grand exploit témoin ;

Peut-être en ce moment il roule en ces vallées,

Par une croix sinistre aux passants signalées.

Où l'an dernier... Pourvu qu'il soit déjà plus loin ! »

. - -Av9^

Et mon père, essuyant une larme qui brille, T'invite en souriant à sourire à ta fille : ^ « Rassurez-vous ! bientôt nous le reverrons tous. Il rit, il est tranquille, il visite à cette heure De quelque vieux héros la tombe ou la demeure ; Il prie à quelque autel pour vous.

« Car, vous le savez bien, ma fille, il aime encore Ces créneaux, ces portails qu'un art naïf décore ; Il nous a dit souvent, assis à vos côtés, ' L'ogive chez les Goths, de l'Orient venue, fjJ^'Et la flèche romane aiguisant dans la nue

Ses huit angles de pierre en écailles sculptés !

Et puis le vétéran, à ta douleur trompée, Conte sa vie errante, et nos grands coups d'épée, Et quelque ancien combat du Tage ou du Tésin, Et l'Empereur, du siècle imposante mer\^eille. Tout en baissant sa voix, de peur qu'elle n'éveille Ton enfant qui dort sur ton sein.

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