‹ OEuvres choisies illustréesChapitre 169 sur 293 · Écrivain et homme d'état américain · texte numérisé non relu

Écrivain et homme d'état américain

A celle-là ton sang, à toutes la lumière,

Tu défendis le droit des hommes, coutumière

De tous les dévouements et de tous les devoirs.

Comme le bœuf revient repu des abreuvoirs.

Les hommes sont rentrés pas à pas à l'étable,

Rassasiés de toi, grande sœur redoutable,

De toi qui protégeas, de toi qui combattis.

Ah ! se montrer ingrats, c'est se prouver petits.

N'importe ! pas un d'eux ne te connaît. Leur foule

T'a huée, à cette heure où ta grandeur s'écroule,

Riant de chaque coup de marteau qui tombait

Sur toi, nue et sanglante et clouée au gibet.

Leur pitié plaint tes fils que la fortune amère

Condamne à la rougeur de t'avouer pour mère.

Tu ne peux pas mourir, c'est le regret qu'on a.

Tu penches dans la nuit ton front qui rayonna ;

L'aigle de l'ombre est là qui te mange le foie ;

C'est à qui renîra la vaincue ; et la joie

Des rois pillards, pareils aux bandits des Adrets,

Charme l'Europe et plaît au monde... — Ah ! je voudrais,

Je voudrais n'être pas Français pour pouvoir dire

Que je te choisis, France, et que, dans ton martyre.

Je te proclame, toi que ronge le vautour,

Ma patrie et ma gloire et mon unique amour I

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