‹ OEuvres choisies illustréesChapitre 213 sur 293 · ADÈLE HUGO · texte numérisé non relu

ADÈLE HUGO

EDAILLON PAR DAVID d'ANGERS

VICTOR HUGO — POÉSIE-

Mont qu'étreint l'océan de ses liquides marbres ! Mugissement des bœufs ! doux sommeils sous les arbres !

L'île semble prier comme un religieux ;

Tout à l'entour, chantant leur chant prodigieux,

L'abîme et l'océan font leur immense fête ;

La nue en passant pleure ; et l'écueil, sur son faîte,

Pendant que la mer brise à ses pieds le vaisseau.

Garde un peu d'eau du ciel pour le petit oiseau.

8 octobre 1854.

A MA FILLE ADELE

TOUT ENFANT, tu dormais près de moi, rose et fraîche, Comme un petit Jésus assoupi dans sa crèche ; Ton pur sommeil était si calme et si charmant Que tu n'entendais pas l'oiseau chanter dans l'ombre : i\Ioi, pensif, j'aspirais toute la douceur sombre Du mystérieux firmament.

Et j'écoutais voler sur ta tête les anges ; Et je te regardais dormir ; et sur tes langes J'effeuillais des jasmins et des œillets sans bruit ; Et je priais, veillant sur tes paupières closes ; Et mes yeux se mouillaient de pleurs, songeant aux choses Qui nous attendent dans la nuit.

Un jour mon tour viendra de dormir ; et ma couche, Faite d'ombre, sera si morne et si farouche Que je n'entendrai pas non plus chanter l'oiseau ; Et la nuit sera noire ; alors, ô ma colombe. Larmes, prière et fleurs, tu rendras à ma tombe Ce que j'ai fait pour ton berceau.

4 octobre 1857.

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