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La révolution de février

2. L'intendant Lamoignon de Bâville, qui poursuivit avec dureté la. répression et la conversion des protestants, au moment de la révocation de l'édit de Nantes (1685).

388 — TOUTE LA LYIŒ

Ce qu'ils font est fatal ; c'est toujours la vieille œuvre, Et l'on y sent le froid de l'antique couleuvre. Non. le vrai ne doit point avoir de repentirs. Au nom de tous les morts et de tous les martyrs, Non. jamais de vengeance ! Et la vie est sacrée. L'aigle des temps nouveaux, planant dans l'empyrée, Laisse le sang rouiller le bec du vieux vautour. Le Peuple doit grandir, étant maître à son tour, Et c'est par la douceur que la grandeur se prouve. Concorde ! Nos enfants ne tettent plus la louve ; Notre avenir n'est plus dans un antre allaité Par l'affreux ventre noir de la fatalité.

Avançons. Le progrès, c'est un besoin d'azur.

Certes, Danton fut grand ; Robespierre était pur ;

Jadis, broyant, malgré les cris et les menaces.

Les mâchoires de l'hydre entre ses poings tenaces,

Gladiateur géant du cirque des fléaux,

Ayant à déblayer tout l'antique chaos,

Ce grand Quatrevingt-treize a fait ce qu'il dut faire ;

Mais nous qui respirons l'idéale atmosphère,

Nous sommes d'autres cœurs ; les temps fatals sont clos

Notre siècle, au-dessus du vieux niveau des flots.

Au-dessus de la haine, au-dessus de la crainte,

Fait sa tâche ; il construit la grande Babel sainte ;

Dieu laisse cette fois l'homme bâtir sa tour.

La Répubhque doit s'affirmer par l'amour. Par l'entrelacement des mains et des pensées, Par tous les lys s'ouvrant à toutes les rosées. Par le beau, par le bon, par le vrai, par le grand. Par le progrès debout, vivant, marchant, flagrant, Par la matière à l'homme enfin libre asservie. Par le sourire auguste et calme de la vie, Par la fraternité sur tous les seuils riant, Et par une blancheur immense à l'orient.

TALAVEYRA

Récit de mon père.

C'EST A TALAVEYRA -DE -LA -REINE, en Espagne.

Les anglais, contre qui nous étions en campagne, Tenaient, en s'appuyant sur un vieux château fort. Le coteau du midi, nous le coteau du nord. Deux versants ; un ravin entre les deux armées. On se battait depuis le matin ; les fumées Monstrueuses que fait un combat furieux Salissaient le soleil, terrible au fond des cieux ; Et lui, l'astre éternel d'où sort l'aube éphémère, Vieux et jeune toujours comme le vieil Homère, Lui, ce même soleil qu'Achille vit jadis. Se vengeait ; sur nous tous combattants, assourdis Par le vaste fracas des canons en démence, Il versait les flots noirs de sa lumière immense. Il nous aveuglait ; sombre, il jetait au milieu Des tonnerres humains le grand rayon de Dieu, Il brillait, il régnait ; il nous brûlait, sinistre.

Le roi don Charles quatre et Godoy \ son ministre,

Nous avaient mis l'armée anglaise sur les bras.

Mais les anglais, qui sont peu faits pour les sierras.

Avaient chaud comme nous. La journée était dure.

Pas un brin d'herbe ; au fond du ravin la verdure

De quelques pins d'Alep -, espèce de rideau

Laissant voir sous son antre un maigre filet d'eau.

De même que les cils séparent deux paupières,

Ces arbres couvrant l'eau qui courait dans les pierres

Séparaient les deux plans inclinés du vallon.

Or, comme le semeur attaque l'aquilon.

Nous nous heurtions, français contre anglais. Les mitrailles

Pleuvaient, et l'on voyait des crânes, des entrailles.

Des ventres entr'ouverts ainsi qu'un fruit vermeil.

Et, sur l'immense mort sanglante, le soleil.

Le sabre, le canon, l'espingole, la pique,

C'est tout simple, on s'y fait ; mais avoir le tropique

1. Ce ministre espagnol, qui joua un grand rôle dans les affaires d'Espagne pendant la Révolution et le Premier empire, mourut à Paris en 1851. Il était né en 1767.

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