EXPOSES A L'ACADEMIE
Sur la ruine des talents.
Mais quelle lumière nouvelle
Dissipe le sommeil des Arts !
De la divinité d'Apelle
Le temple s'ouvre à mes regards.
Naissez, sortez de vos ténèbres,
Élèves de cet art charmant
Qui de la nuit du monument
Sauve les spectacles célèbres,
Et flxe la légèreté
De la fugitive beauté.
De vos maîtres, que dans ce temple La patrie honore et contemple.
Distinguez, saisissez les traits; Et, par le talent et l'exemple Élevés aux mêmes succès.
D'une gloire contemporaine IMéritez les fruits les plus doux C'est la seule gloire certaine, Et l'avenir n'est rien pour nous.
Si, dans cette illustre carrière, La Peinture sur ses autels De Rigault et de l'Argilière N'offre point les traits immortel.^, A juste titre elle a pu croire Que c'étoit assez pour sa gloire, Assez pour enseigner ses lois, D'offrir les Coypels, les De Trovs, Et de conduire sur ses traces Vanlo, le Gis de la Gaîté, Le peintre de la Volupté,
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Et Nattier, l'élève des Grâces, Et le peintre de la Beauté.
Quel présage pour FoIymni3!
La gloire des dieux du pinceau A la reine de l'harmonie Annonce un triomphe nouveau.
Après les exploits de Bellone, Sous le règne du dernier Mars, La même main guidoit au trône Les Racines et les Mignards.
Vous donc, et l'âme et le Mécène Des progrès d'un art fortuné, Ouvrez des Muses de la Seine Le sanctuaire abandonné; Des amants de la poésie Qu'on y dépose les travaux, Et que, sans basse jalousie, Admirateurs de leurs rivaux, Ils y partagent l'ambroisie.
Par de réciproques secours Augmentant leur clarté féconde, Les astres éclairent le monde Sans se combattre dans leur cours.
Crébilion des royaumes sombres* Nous peindra les plaintives ombres, Et les célèbres malheureux; Voltaire du tendre Elysée* Peindra les mânes généreux ;