C II LOÉ
A quoi bon ce propos?
0<l que j'ai près de vous Des pouvoirs pour les deux. Votre onilo m'u chargée De vous dire que c'est une affaire arrangée Que votre mariage; et, d'un autre côté. Voire mère m'a dit, avec même clarté.
De vous notifier qu'il falloit sans renùse Partir pour le couvent : jugez de ma surprise,
CHLOÉ
Ma mère est ma maîtresse, il lui faut obéir; Puisse-t-elle à ce prix cesser de me haïr!
LISETTE
Doucoment, s'il vous plaît, l'afTaire n'est pas faite,
Et ma décision n'est pas pour la retraite;
Je ne suis point d'humeur d'aller périr d'ennui.
Frontin veut m'épouser, et j'ai du goût pour lui;
Je ne souffrirai pas l'exil qu'on nous ordonne.
Mais vous, n'aimez-vous plus Valère, qu'on vous donne?
CH LOÉ
Tu le vois bien, Lisette, il n'y faut plus songer. D'ailleurs, longtemps absent, V; 1ère a pu changer : La dissipation, l'ivresse de son âge, Une ville oîi tout plaît, un monde où tout engage, Tant d'objets séduisants, tant de divers plaisirs. Ont loin de moi sans doute emporté ses désirs. Si Yalère ni'aimoit, s'il songeoit que je l'aime, J'aurois dû quelquefois l'apprendre de lui-même. Qu'il soit heureux du moins! pour moi, j'obéirai : Aux ennuis de l'exil mon cœur est préparé; Et j'y dois expier le crime involontaire D'avoir pu mériter la haine de ma mère. A quoi rêves-tu donc? tu ne m'écoutes pas.
Fort bien... Voilà de quoi nous tirer d'embarras... Et sûrement Florise...
CHLOÉ
Eh bien?
LISETTE
Mademoiselle, Soyez tranquille; allez, fiez-vous à mon zèle; Nous verrons sans pleurer la fin de tout ceci. l>'cst Cléon qui nous perd, et brouille tout ici: