LIVRE II
FABLE XVIIl
La corneille avertit des malheurs à venir ;
Tous sont contents de leur ramag-e :
Cesse donc de te plaindre, ou bien, pour te punir,
Je t'ôterai ton plumage *. »
Fable XVIÏI. — La chatte métamorphosée en femme-.
Un homme chérissait éperdument sa chatte ;
Il la trouvait mignonne, et belle, et délicate, Qui miaulait " d'un ton fort doux :
Il était plus fou que les fous.
Cet homme donc, par prières, par larmes. Par sortilèg-es et par charmes *, Fait tant qu'il obtient du Destin ^ Que sa chatte, en un beau matin, Devient femme ; et le matin même, Maître sot en ^ fait sa moitié.
Le voilà fou d'amour extrême, De fou qu'il était d'amitié.
Jamais la dame la plus belle Ne charma tant son favori, Que fait ' cette épouse nouvelle Son hypocondre * de mari.
Il n'y trouve plus rien de chatte ;
Lorsque quelques souris qui rongeaient de la nalte
Troublèrent le repos des nouveaux mariés. Aussitôt la femme est sur pieds.
l.La Fontaine ne fait dans cette fable que ]-aviver les couleurs de Ja Table de Phèdre ; il n'y ajoute rien d'important.