‹ Œuvres choisiesChapitre 141 sur 507 · LIVRE IV. lADLE I · texte numérisé non relu

LIVRE IV. lADLE I

Amour est un étrange maître ; Heureux qui peut ne le connaître Que par récit, lui ni * ses coups !

Quand on en parle devant vous, Si la vérité vous offense, La fable au moins se peut souffrir; Celle-ci prend bien l'assurance ' De venir à vos pieds s'offrir, Par zèle et par reconnaissance.

Du temps que * les bêtes parlaient,

Les lions entre autres voulaient

Etre admis dans notre alliance.

Pourquoi non ? puisque leur engeance *

Valait la nôtre 'en ce temps-là,

Ayant courage, intelligence,

Et belle hure outre cela.

Voici comment il en alla :

Un lion de haut parentage %

En passant par un certain pré,

Rencontra bergère à son gré :

Il la demande en mariage.

Le père aurait fort souhaité

Quelque gendre un peu moins terrible.

La donner lui semblait bien dur ;

La refuser n'était pas sûr ;

Même un refus eût fait, possible %

Qu'on eût vu quelque beau matin

Un mariage clandestin ;

Car, outre qu'en toute manière

La belle était pour les gens fiers.

Fille se coiffe ' volontiers *

D'amoureux à longue crinière.

Le père donc ouvertement

N'osant renvoyer notre amant,

Lui dit : « Ma fille est délicate ;

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