LIVRE IV. FABLES XV ET XVI - l^J
Il les recueille à propos,
Et les garde en sa mémoire.
La bique, comme on peut croire,
N'avait pas vu le {glouton.
Dès qu'il la voit partie, il contrefait son ton,
Et d'une voix papelarde *, Il demande qu'on ouvre, en disant: «Foindu loup! »
Et croyant entrer tout d'un coup.
Le biquet soupçonneux par la fente re<;arde : « Montrez-moi patte blanche, ou je n'ouvrirai point •>, S'écria-t-il d'abord. Patte blanche est un point Chez les loups, comme on sait, rarement en usage. Celui-ci. fort surpris d'entendre ce langage, Connne il était venu s'en retourna chez soi *. Où serait le biquet, s'il eût ajouté foi
Au mot du guet que de fortune
Notre loup avait entendu ?
Deux sûretés valent mieux qu'une, Et le trop en cela ne fut jamais perdu.
Ce loup me remet en mémoire Un de ses compagnons qui fut encor mieux pris. Il y périt ; voici l'histoire.
Un villageois avait à l'écart son logis :
Messer ' loup attendait chape-chute ' à la porte ;
Il avait A'u sortir gibier de toute sorte,
■ Veaux de lait, agneaux et brebis.
Régiments de dindons, eniin bonne provende ^ Le larron commençait pourtant à s'ennuyer :
Il entend un enfant crier.
La mère aussitôt le gourmande,
Le menace, s'il ne se tait, De le donner au loup. L'animal se tient prêt, Remerciant les dieux d'une telle aventure, Quand la mère, apaisant sa chère géniture '',